En attendant, les traitements et les vaccins, les gouvernements n’ont pas eu d’autre choix pour freiner la pandémie que d’imposer des mesures de distanciation sociale. Ces mesures sont suivies par une équipe de l’université d’Oxford pour 152 pays et restitué dans un «stringency index» de 0 à 100 en fonction de la rigueur des mesures : interdictions de rassemblements, fermeture de commerces, mise en place du télétravail, fermeture des écoles, etc... Car comme nous l'avons expérimenté en France, il y a le confinement "strict" comme en mars, le confinement "soft" comme en octobre, les "mesures de freinage" et "le confinement à l'extérieur" comme en février... Avec à chaque fois des durées plus ou moins longues.
Une équipe de chercheurs emmenés par Patricio Goldstein de l’université de Harvard s’est penché sur l'évaluation de l’efficacité des confinements sur toute l’année 2020 en reliant ce "Stringency index" aux taux de reproduction quotidien, le fameux « R » et au nombre cumulé et quotidien de décès. Sans surprise, ils identifient, en cohérence avec de précédentes études que les mesures de restrictions réduisent la diffusion du virus. L’impact sur le taux de reproduction est maximum sous 20 jours et après 60 jours pour les décès. Et plus l’indice de rigueur est élevé, plus l’impact est fort.
Mais qu'en est-il quand les mesures de restrictions s’éternisent ? Leur étude montre que dans un confinement qui dure au-delà de 3 mois, l’effet s’affaiblit. Après 120 jours de confinement même strict (avec un Stringency index au-delà de 70) le taux de reproduction ne diminue plus assez pour réduire l’épidémie. En cause, la lassitude et des difficultés d’observance des mesures. Cette observation est corroborée par le fait que même si le niveau de déplacement vers les lieux de travail reste bas (selon l'indice de mobilité de Google), le taux de contamination ne diminue plus ce qui laisse à penser que les personnes, même si elles se déplacent moins, se relâchent sur les mesures barrières, comme le port strict du masque ou la distance.
Ils notent que « le confinement ne fonctionne pas comme une politique d'endiguement continue en cas de pandémie prolongée ». Au final les chercheurs concluent que des mesures de restrictions strictes mais courtes sont plus efficaces pour affronter de nouvelles vagues. Dans le délicat exercice d’équilibre qui incombe aux gouvernements pour juguler l’épidémie, tout en maintenant une forme d’ouverture de l’économie, il y a une troisième donnée dans l’équation. Elle est sociale et s’appelle la fatigue du long confinement.



