Eastman sécurise les approvisionnements en déchets de sa future usine de recyclage moléculaire en Normandie

Le groupe américain Eastman a déjà signé des contrats avec des fournisseurs français, comme Paprec, et européens, comme Interzero, couvrant 70% de ses besoins en matières premières pour son gigantesque projet d’usine de recyclage moléculaire à Port-Jérôme-sur-Seine (Seine-Maritime).

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Le chimiste américain Eastman prévoit un total de trois usines de recyclage moléculaire, dans le cadre d'un investissement de 2,25 milliards de dollars (2,06 milliards d'euros), dont celle à Port-Jérôme (Seine-Maritime), une sur son complexe de Kingsport aux Etats-Unis (photo) et une autre aux Etats-Unis dont le lieu d'implantation reste à confirmer.

Sécuriser 80% des besoins avant la fin de l’année 2023. C’est l’objectif que s’est fixé Eastman pour son projet d’usine de recyclage moléculaire qui serait la plus grande au monde et qui doit être implantée à Port-Jérôme-sur-Seine (Seine-Maritime) et pour lequel il investirait environ 1 milliard de dollars, soit plus de 900 millions d’euros. Le groupe chimique américain se dit confiant, ayant signé, en date du 11 mai 2023, des contrats couvrant aujourd’hui 70% de ses besoins, soit environ 87 000 tonnes par an de déchets plastiques.

«Le projet sera conduit en deux phases, avec une première ligne mise en service en 2026 et qui sera en mesure de traiter 110 000 tonnes de déchets par an», précise une porte-parole. L’usine d’Eastman sera basée sur la technologie du groupe de renouvellement du polyester. Les déchets plastiques, comme des pots ou barquettes alimentaires, actuellement très difficiles à recycler, seraient décomposés puis réassemblés pour une qualité similaire.

Trois contrats avec le français Paprec, l'allemand Interzero, et un acteur européen

Trois grands contrats ont été sécurisés par Eastman. Le plus grand fournisseur, pour le moment, est le groupe allemand Interzero Plastics Recycling. Il s’était initialement engagé à fournir 20 000 tonnes de déchets par an. Il vient de porter ce volume à 45 000 tonnes. Le deuxième contrat concerne Paprec. Le 26 avril 2023, l’éco-organisme Citeo avait officialisé un contrat attribué au groupe français pour fournir Eastman en déchets d’emballage, à hauteur d’environ 12 000 tonnes par an, sur une durée de 9 ans. Enfin, le chimiste américain évoque un troisième grand contrat signé fin 2022 avec un acteur européen spécialiste de la gestion des déchets et du recyclage, mais sans préciser son identité, pour l’obtention de 30 000 tonnes par an de déchets à traiter dans la future usine normande. Soit, au total, un volume prévisionnel de 87 000 tonnes, chiffre qu’a bien confirmé Eastman.

Des déchets plastiques provenant de France mais aussi d'Allemagne, Espagne ou Italie

Ces trois grands contrats permettent donc de sécuriser 70% des besoins de l’usine, mais aussi d’élargir le maillage géographique de ces approvisionnements. Selon une porte-parole, les déchets fournis proviendront de France mais également de «pays limitrophes, comme l’Allemagne, l’Espagne ou encore l’Italie, entre autres, ce n’est pas limitatif». Le projet suit donc son cours sans «signaux négatifs mais avec encore des étapes à franchir, comme les demandes de permis de construire et de permis environnemental qui seront déposés au cours de l’été».

Depuis l’annonce du projet en janvier 2022, dans le cadre de Choose France, Eastman a revu son projet à la hausse, passant de capacités de traitement de 160 000 à plus de 200 000 tonnes de déchets par an, et a sécurisé un terrain de 40 hectares dans la zone industrielle de Port-Jérôme. 350 emplois directs et 1500 indirects sont programmés.

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