Développer le réemploi des emballages plastique est devenu un objectif impérieux, notamment dicté par la loi Agec qui vise 10 % d’ici à 2027. Mais quel modèle est le plus vertueux d’un point de vue environnemental, sociétal et économique ? Pour quel plastique opter ? Quel process industriel ? Quel parcours consommateur ? Bref, quelle est la place du plastique dans l’emballage réemployable ?
De nombreuses questions sur lesquelles se penche le projet Dropack, porté par l’association Pack en transition, et financé par les appels à projet Réemploi des éco-organismes Citeo et Léko. Lancé fin 2024, mais présenté publiquement à l’occasion du CFIA (Carrefour des fournisseurs de l'industrie agroalimentaire) Rennes quelques mois plus tôt, le projet se poursuit alors que se tient cette semaine l’édition 2025 du salon. Piloté par Benoit Piette, consultant Eco-design et Circularité des emballages chez Bluenote Pack, Dropack associe Léa Nature, Olga et Sill Entreprises.
Dropack Benoit Piette, consultant Eco-design et Circularité des emballages chez Bluenote Pack.
Un standard réemployable libre de droit
“L’objectif du projet est de développer un format de barquette en plastique réemployable standard, de définir ses critères d’intégrité et d’imaginer une logistique mutualisée de collecte et de lavage”, explique Benoit Piette. Au cours de cette première année, le transformateur Europlastiques a développé, en partenariat avec un mouliste, un moule d’essai pour expérimenter trois matières : PBT, PP et copolyester des marques Tritan et Ecozen. Des tests de migration, organoleptiques ou encore de décontamination, sont en outre en cours au CTCPA et chez IPC, les centres techniques de l’agroalimentaire et de la plasturgie. Une vingtaine de boucles de réemploi est visée. “En parallèle, une ACV a été menée par le cabinet Evea pour comparer nos solutions avec d’autres solutions de réemploi (verre et inox) ou à usage unique (carton, verre et différents plastiques type PET ou PP)”, ajoute le consultant. Des tests d’operculage ont également été menés chez Guelt.
Expérimentation grandeur nature
Objectif : monter, à partir de septembre 2025, une expérimentation régionale d’un an dans une dizaine de magasins (GMS ou spécialisés) de l’Ouest du pays. “Deux nouveaux partenaires, Picard et la coopérative d'agriculteurs Cooperl, se joignent au projet dans ce cadre”, nous apprend Benoit Piette, ouvrant la porte à d’autres metteurs en marchés voulant gonfler les rangs et à d'éventuelles synergies avec le projet Reuse de Citeo s’appuyant sur la gamme d'emballages réemployables standards en verre R-Cœur. Un test grandeur nature qui ne sera possible qu’une fois le bon matériau choisi. Selon des résultats d’étape encore à confirmer, le copolyester tiendrait la corde. Des tests industriels auront encore lieu en 2025 pour valider le lancement de l’expérimentation.
Si ce projet au budget dépassant le million d’euros produit des résultats positifs, l’ensemble de la profession pourra s’emparer de cette barquette standard pour ses propres produits, ses plans étant libres de droit.
“Nous sommes également accompagnés par l'association Retail 4 Change sur le volet comportement du consommateur. Au-delà de l’aspect technique, il faut en effet que celui-ci soit véritablement partie prenante en étant accompagné pour gagner le pari du réemploi”, conclut Benoit Piette.



