C’est une nouvelle étape dans le développement de sa bouteille biosourcée, la « Fibre bottle », que le groupe Carlsberg a annoncé mercredi 22 juin. L’industriel indique mettre à l’essai un prototype de deuxième génération de cette bouteille en fibre de cellulose (celle dont on fait le papier) et de bioplastique. Le projet pilote est le plus grand réalisé à ce jour. 8 000 de ces emballages de bières nouvelle génération seront distillés sur huit marchés européens, en France, au Danemark, en Suède, en Norvège, en Finlande, au Royaume-Uni, en Pologne et en Allemagne. En mettant son innovation entre les mains du consommateur, le groupe veut connaître la perception de son produit. Ce prototype servira aussi à « tester la production, la performance et le recyclage à grande échelle », précise Stephane Munch, vice-président du développement du groupe Carlsberg. A l'issue de ce test grandeur nature, le projet initié en 2015 livrera une version 3.
Un coque plus isolante que le verre et l’aluminium
Le groupe Carlsberg s’est entouré de deux partenaires pour produire ce contenant. Paboco, société d’emballage déjà partenaire d’acteurs tels que Coca-Cola, L’Oréal ou Pernod Ricard, et Avantium, expert de la chimie renouvelable. Le premier a développé la coque en cellulose moulée, tandis que le second est responsable du PEF, un polymère d’origine végétal qui recouvre les parois internes. Ce dernier assure l’intégrité du produit. Parmi les avantages de l’enveloppe constituée de fibres de bois, le groupe mentionne des propriétés isolantes « qui peuvent aider à garder la bière plus froide plus longtemps, par rapport aux canettes ou aux bouteilles en verre ». Le PEF, lui, « fonctionne comme une barrière très efficace entre la bière et l'enveloppe extérieure en fibre, protégeant le goût et le pétillement de la bière mieux que le PET conventionnel à base de matières fossiles », explique le groupe. Présenté comme compatible avec les filières de recyclage du PET (...tant qu'il reste sous un seuil de 2% du volume, et à condition d'avoir été séparé de la coque en fibres), le PEF est aussi biodégradable en condition naturelle.
Plus vertueux que la bouteille en verre
La capsule, recyclable, n’est en revanche pas (encore ?) biosourcée, contrairement au reste de l’emballage. Le point est à l’étude. Le brasseur indique explorer, avec ses partenaires, des alternatives également à base de fibres. Une solution générique est attendue pour 2023. Avec cette seconde génération de bouteille en papier, l’industriel met en avant une analyse de cycle de vie (ACV) meilleure que celle d’une bouteille en verre à usage unique. Comparée à cette dernière, la « Fibre bottle » réduit jusqu'à 80 % les émissions de gaz à effet de serre. « Cinq bouteilles en fibre pourraient être créées en utilisant la même empreinte carbone », indique Carlsberg, qui ambitionne un emballage aussi faiblement émetteur qu’un modèle en verre rechargeable. « Lorsque la Fibre Bottle sera commercialisée à grande échelle, elle élargira le choix des consommateurs de Carlsberg et complétera, plutôt que de remplacer, les emballages existants, comme les bouteilles en verre et les canettes ». De quoi - peut-être - rassurer ses fournisseurs actuels.



