Un prototype de masque de protection en tissu lavable a été mis au point par les Tissages de Charlieu. L’entreprise de la Loire est prête à mobiliser son outil industriel pour le fabriquer à grande échelle.
"Nous avons eu un avis très positif de la direction générale de l’armement lundi, observe Eric Boël, gérant de la société de la Loire. On a fait quelques modifications depuis. La production démarre en début d’après-midi."
Ce masque est composé de tissu en coton bio : de couches de polycoton recyclé, de polyester texturé, d’une bande élastique sur les côtés, d’une poche supérieure pour glisser une tige métallique, par exemple un pince-nez. Ce masque est fabriqué en 3D sans confection sur les métiers à tisser de cette entreprise spécialisée dans les tissus jacquard et les sacs et pochon personnalisables issus de l’économie circulaire. Ce masque lavable peut se substituer aux masques chirurgicaux en papier. L’entreprise pourrait en fabriquer 100 000 par jour sur ses quatre-vingt métiers à tisser.
"Notre volonté via ce masque est de pouvoir fournir le grand public afin de répondre à l’urgence sanitaire et ainsi de faire en sorte que les stocks de masque homologués profitent prioritairement à ceux qui en ont besoin, c’est à dire le personnel soignant", indique la société sur son site LinkedIn.
Diffusion la plus large possible
Le gérant des Tissages de Charlieu, Eric Boël, se déclare prêt également à rendre public le protocole de fabrication ainsi que le patron, le grammage et la composition des fils nécessaires à sa production. Et à les communiquer à des confrères pour le produire en plus grand nombre.
Le patron de la PME ligérienne est coutumier de ces initiatives collectives, ouvertes. Il est engagé depuis une dizaine d’années dans une démarche de développement durable et d’écoconception au travers de l’association Altertex qu’il a fondée et qui entend diffuser le plus largement possible un "textile éthique".
Les Tissages de Charlieu qui réalise 8 millions d'euros de chiffre d’affaires sont certifiés par le label international GOTS (Global Origine Textile Standard) qui assure que toutes les étapes de production satisfont aux exigences de la production bio, de la culture à l’étiquetage. Pour Eric Boël, le développement durable participe d’"un modèle économique responsable répondant aux attentes et contraintes du marché".



