Des États européens font-ils pression pour une validation plus rapide du vaccin contre le Covid-19 ?

Plusieurs sources rapportent des pressions sur l'Agence européenne des médicaments (EMA) pour une approbation plus rapide du vaccin de Pfizer et BioNTech contre le Covid-19. Le 13 décembre, le ministre allemand de la Santé avait montré publiquement des signes d'impatience.

Alors que les vaccinations débutent au Royaume-Uni et aux États-Unis, l'Agence européenne des médicaments (EMA) subirait une pression croissante pour approuver le vaccin contre le Covid-19 développé par le laboratoire américain Pfizer et son partenaire allemand BioNTech. Quatre sources au sein du bloc ont déclaré à Reuters que la Commission européenne et les États membres de l'Union faisaient pression sur l'EMA afin qu'elle approuve plus rapidement les vaccins, reflet des tensions récurrentes entre régulateurs et gouvernements.

"Toutes les données nécessaires sont disponibles", estime un ministre allemand

Un responsable de l'EMA a ajouté lundi 14 décembre que la pression exercée sur l'agence par les gouvernements de l'Union européenne à travers les "canaux de communication habituels" s'était notamment accrue après qu'une autorisation d'utilisation d'un vaccin en urgence a été accordée par le Royaume-Uni. Une deuxième source a également confirmé une plus grande pression à la suite de l'autorisation du vaccin Pfizer et BioNTech par d'autres agences.

"Toutes les données nécessaires sur BioNTech sont disponibles", a écrit dimanche 13 décembre le ministre allemand de la Santé Jens Spahn sur Twitter. "Le Royaume-Uni et les États-Unis ont déjà accordé leur approbation. Une évaluation des données et une approbation par l'EMA devraient avoir lieu le plus rapidement possible", a-t-il ajouté. Dans son édition du mardi 15 décembre, le quotidien allemand Bild rapporte des pressions du gouvernement allemand sur l'EMA et l'Union européenne pour faire approuver le vaccin expérimental de Pfizer-BioNTech avant le 23 décembre au lieu du 29 décembre.

L'EMA défend sa procédure

L'EMA a défendu début décembre sa procédure plus lente. Elle la juge plus sûre car basée sur davantage d'éléments et de vérifications que celle de son homologue britannique, effectuée en partie par une analyse "roulante" des données au fur et à mesure de leur disponibilité.

L'agence européenne a précisé dans des déclarations envoyées par e-mail à Reuters ces derniers jours qu'elle ne subissait pas de pression politique, se refusant également à commenter les remarques de Jens Spahn. La Commission européenne nie quant à elle avoir exercé des pressions sur l'EMA pour une approbation plus rapide d'un vaccin.

Avec Reuters (Francesco Guarascio ; version française Charles Regnier, édité par Jean-Michel Bélot)

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