Après une première usine de recyclage de câbles implantée en Bourgogne-France-Comté (à Saint-Marcel), Derichebourg Environnement installe une nouvelle usine, dans le Nord cette fois, à Escautpont. «Il s’agit d’une position stratégique, car nous sommes à proximité des plus gros affineurs qui sont en Belgique et en Allemagne. De plus, nous sommes au bord d’une voie d’eau. On pourra facilement acheminer des câbles par péniche si le prix du transport est intéressant et si le projet Canal Seine-Nord-Europe se développe bien», indique Gaston Desclozeaux, responsable technique du site.
Séparer le plastique du cuivre
L’usine nordiste, en service depuis octobre 2023, est plus grande et plus moderne que celle de Saint-Marcel. Capable de traiter 20000 tonnes de câbles par an, elle est dotée d’appareils de tri précis. Pour séparer le cuivre de sa gaine plastique, les câbles passent par des broyeurs. Pour se débarrasser de l’acier, ce sont les séparateurs mécaniques qui entrent en jeu. Vient ensuite la granulation.
«Dans chaque étape, nous surveillons la température pour éviter qu’elle ne soit trop élevée et qu’elle fasse fondre le plastique», explique Gaston Desclozeaux. Le parcours des câbles ainsi broyés et qui commencent à se scinder en cuivre et plastique n’est pas pour autant terminé. Entrent ensuite en scène table densimétrique, trieuse optique, séparateur électrostatique et table de séparation à l’eau. A ce stade, la part résiduelle de cuivre est estimée à moins de 0,1%.
Nadia Daki Table de séparation à l’eau installée sur le site de tri de Derichebourg Environnement. ©Nadia Daki
«Avec un cours du cuivre à 9000 euros la tonne, cela vaut le coup d’aller récupérer le moindre petit morceau», souffle le responsable technique. La nouvelle infrastructure a nécessité un investissement de 18 millions d’euros. Le projet a également bénéficié de 800000 euros supplémentaires dans le cadre de l’appel à projet «(Re)localisations dans les secteurs critiques» du plan France relance. 18 emplois ont été créés.
Fournir à l’industrie du cuivre recyclé
La moitié du gisement est local, provenant la plupart du temps des chantiers. Les câbles proviennent des démolitions de bâtiment, des réseaux numériques et de télécommunication ou encore des équipements électriques et électroniques et des véhicules hors d’usage. «Nous avons un site à Saint-Saulve, dans le Nord, qui récupère les déchets. Nous achetons également à nos confrères. En plus des câbles électriques et téléphoniques, nous traitons aussi les radiateurs et les climatiseurs sans antigel et nous réalisons parfois des campagnes de câbles d’aluminium», poursuit le responsable technique.
Les grenailles de cuivre produites ont divers usages en fonction de leur degré de pureté. Une partie du plastique est, quant à lui, recyclé en dalle de sol ou en pot pour les plantes. Derichebourg Environnement réfléchit à implanter une troisième usine en France, si les besoins augmentent.



