Dernier fabricant en France de roues et d'essieux de train, Valdunes possède deux sites dans le Nord, un à Leffrinckoucke, près de Dunkerque et l'autre à Trith-Saint-Léger, près de Valenciennes. Depuis le début de l'année, son activité s'était considérablement réduite, notamment à cause du coût de l'énergie. 40 % des salariés ont été placés en activité partielle. Mais depuis la guerre en Ukraine, des concurrents ukrainiens et russes n'approvisionnent plus leurs clients à l'extérieur de leur territoire. Ces derniers se retournent alors vers d'autres fournisseurs, dont Valdunes. Dont l'actionnaire chinois fabrique de préférence... en Chine.
10 000 roues... dont 600 en France
Pour Ludovic Bouvier, responsable régional CGT métallurgie, ces commandes ne constituent pas un regain d'activité important pour les deux sites nordistes. « On parle d'une production de 600 roues et de 300 essieux qui serait confiée à Valdunes en France, soit à peine une, voire deux semaines d'activité pour les 368 salariés sur les deux sites, indique-t-il. Le plus gros de la commande sera fait en Chine. » Et de préciser : « En tout, ce sont 10000 roues et 5000 essieux qui ont été commandés à Valdunes suite à l'arrêt de production de l'usine ukrainienne Interpipe. Donc, le plus gros de la commande sera fabriquée en Chine. Pour 2022, le carnet de commandes de Valdunes France plafonne à 22000 roues alors que pour atteindre l'équilibre, il nous faudrait au minimum 60000 roues et 30000 essieux. »
Pour le syndicaliste, ce choix marquerait la volonté de l'actionnaire chinois MA Steel de fermer à court ou moyen terme les sites français. « Lors du rachat en 2014 par une multinationale chinoise, l'objectif affiché était clair : obtenir les technologies et les brevets sur la très grande vitesse. Or, elle vient de demander 11 homologations européennes dont celle de la SNCF, notre client historique. Sans décision politique majeure ou renationalisation, Valdunes sera fermé d'ici juillet », s'inquiète Ludovic Bouvier.



