Portrait

David Stephan, un coureur de fond pour gérer le développement de l’usine Essity de Hondouville

Dans l’Eure, David Stephan a pris les rênes de l’usine Essity de Hondouville. Spécialisée dans les produits d’hygiène et de soins de la peau, l’usine vient de se doter d’une nouvelle ligne de production.

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David Stephan - Essity Hondouville
David Stephan siège au comité de direction de l'usine Essity d'Hondouville depuis 2017.

Depuis le 1er mai 2024, David Stephan, 38 ans, est le nouveau directeur de l’usine Essity d’Hondouville (Eure). Il remplace Valéry Danjou, qui a quitté l’entreprise. Hondouville est le seul site du groupe suédois spécialisé dans les produits pour l’hygiène et la santé à s’approvisionner en coton recyclé et en fibres de papier recyclé. La mise en service d’une nouvelle ligne de recyclage dédiée aux emballages pour liquides alimentaires, en 2023, a permis à l'usine de conforter ce positionnement.

Le site de Hondouville (360 personnes, 300 000 m² de superficie) fabrique des papiers d’hygiène professionnels (sous la marque Tork), et des produits de soins de la peau en coton (Demak’up et Lotus Baby). Deux-tiers de l’effectif sont dédiés à Tork, et un tiers aux produits de soins de la peau. Sous la marque Tork, 50 000 tonnes de produits sortent chaque année du site, et plus de 3 000 tonnes sur les produits de soins de la peau. David Stephan connaît bien l'usine, puisqu’il y est entré il y a plus de dix ans et siège à son comité de direction depuis 2017.

Plusieurs postes à responsabilité sur le site d’Hondouville

Diplômé de l’école d’ingénieurs de Grenoble INP - Pagora en 2009, en spécialisation papetière, David Stephan est entré dans le groupe (qui s’appelait SCA jusqu’en 2017 avant la scission de ses activités forestières) à l’usine de Chesterfield (Royaume-Uni), en tant que responsable du process de désencrage dans une usine qui produisait déjà du papier 100% recyclé. Il reste en terres anglaises en 2010, pour rejoindre l’usine de Manchester comme ingénieur process, afin de déployer un projet permettant de réduire significativement la consommation énergétique de la machine à papier.

«En 2013, en arrivant à Hondouville, mon objectif était de prendre des responsabilités plus importantes, en dehors de l’aspect strictement technique, en tant que responsable d’unité de production sur une machine à papier», poursuit David Stephan, qui supervisait alors près de 50 personnes. ll prend du champ dans l’usine en 2017, en tant que responsable chargé de l’amélioration continue pour travailler sur son fonctionnement. «Cela m’a permis de travailler à l’échelle de toute l’usine, avant de prendre la responsabilité, par intérim, d’un département complet, celui de la transformation. Il y avait un aspect de gestion humaine très prenant. Il fallait préparer les investissements à venir», explique le manager.

Des projets en matière de recyclage

De retour en 2018 sur la fabrication des bobines mères, en tant que responsable du département (80 personnes), il prend également en charge aussi les utilités (vapeur, air comprimé, station de traitement des eaux usées) et porte le projet de la nouvelle ligne mise en route en 2023, avant d’occuper la fonction de responsable amélioration continue à l’échelle européenne. «J’ai développé mon précédent rôle en amélioration continue sur six sites européens dédiés à l’hygiène professionnelle. On se rend compte de l’aspect multiculturel avec des fonctionnements très différents d’un site à l’autre», indique David Stephan.

Coureur de fond assidu et membre d’un club de triathlon, David Stephan va devoir gérer dans la durée d’autres projets destinés à aller plus loin dans la circularité via la réduction et la valorisation des déchets du site, au niveau des déchets de polyal (films plastique et aluminium et bouchons en plastique) issus des briques alimentaires ou de la valorisation des boues de désencrage.

13 millions d’euros dans une ligne de papier toilette sans mandrin

«Au cours des mois passés», une nouvelle ligne de production a été installée à Hondouville, moyennant 13 millions d’euros d’investissement, pour produire les produits OptiServe, dont le lancement s’effectue actuellement sous la marque Tork. Il s’agit d’une gamme de papier toilette sans mandrin, le rouleau de carton habituellement placé au centre.

«Ce projet est techniquement complexe. En pratique, les mandrins aident l’utilisateur à dérouler le papier toilette, mais sont aussi un support à l’industriel pour fabriquer le produit. C’est plus simple d’enrouler du papier sur un tube en carton que sur rien», explique David Stephan. Trois ans de travail, dont deux ans consacrés à l’aspect industriel, ont été nécessaires à l’aboutissement du projet.

 

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