Le bureau de demain sera écoresponsable. Telle est l’ambition d’Api’Up, une entreprise spécialisée dans la collecte de 27 catégories de déchets professionnels dans les Landes et en Pyrénées-Atlantiques. Si les autres produits (déchets dangereux, palettes, textile, papeterie…) sont redirigées vers des filières dédiées, le bois, le textile et le cuir restent dans le giron de l’entreprise (31 personnes, à Capbreton, dans les Landes) afin d’être transformées en mobilier. Afin de s’adresser à une clientèle professionnelle plus soucieuse de son image et prête à passer le cap de l’éco-responsabilité sans pour autant rogner sur le design, elle vient de lancer une nouvelle marque, Ospher.
Futur du travail
Un cabinet parisien de conseil en design et en stratégie de marque, La Racine, a accompagné Api’Up dans cette démarche, née avant la crise sanitaire. « Nous avons choisi de positionner la marque en amont de la préoccupation environnementale, en répondant aux questionnements sur le futur du travail, en répondant aux besoins d’aménagement d’espaces hybrides de bureaux. Le flex office est en train de devenir la norme. Il fallait aussi travailler sur la question d’intimité », explique Tiphaine Chouillet, fondatrice. Des doubles bureaux pouvant être dotés de brise-vue et des paravents sont en cours de lancement, avant l’arrivée prochaine de mange-debout pour les espaces de cafeteria.
Un process industrialisé
« L’ambition d’Api’up est d’amener un process industriel dans l’upcycling. Cela coûte plus cher que de travailler à partir de matériaux neufs, d’où le choix du segment haut de gamme, de surcroît en produisant en France. Pour pouvoir recréer du meuble, il faut recréer du panneau », ajoute Valérie Fernani, fondatrice d’Api’Up. L’upcycling consiste en la transformation de matières obsolètes ou usagées en nouveaux objets, « avec une plus-value esthétique, marchande ou les deux ». Jusqu’alors, environ 1 000 pièces étaient produites par an, sous la marque Api’Up Mobilier professionnel, qui perdurera. Les meubles embarquent 99% de matières recyclées.
Api’Up travaille exclusivement avec du bois massif, à partir d’un gisement de meubles usagés (traités la plupart du temps) et de rebuts de bois de deuxième transformation (non-traités). Les couches de vernis sont ainsi retirées au préalable, mais l’entreprise applique ensuite ses propres traitements en fonction du marché auquel se destinent les meubles. Pour l’heure, Api’Up assure ne pas rencontrer de difficultés sur son gisement de bois. Elle mène des recherches sur des matériaux de type agglomérés et mélaminés.
De nouveaux matériaux
A Capbreton, Api’Up a par ailleurs créé un nouveau matériau, breveté, le Granispher. Des déchets de cuir (sellerie, maroquinerie) collectés dans les tanneries locales sont broyés et associés à un liant biosourcé, dont la composition n’est pas communiquée. Ce nouveau produit assure le remplissage des paravents permettant d’isoler les postes de travail. En 2022, un autre matériau alliant polyester et polypropylène recyclé devrait être lancé. En plus d’un usage dans le mobilier de bureau, ces produits feront l’objet d’une commercialisation à part entière.
Pour promouvoir Ospher, qui a pour objectif de répondre à la demande de codes esthétiques « plus élaborés » pour les entreprises, Api’Up s’adressera notamment aux prescripteurs (architectes d’intérieur, consultants en aménagement de bureaux…)



