Analyse

Dans le captage de CO2, l'union n'est pas en option

L'analyse d'Aurélie Barbaux, grande reporter énergie-transition énergétique à L'Usine Nouvelle.

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Unité de captage de CO2 par procédé cryogénique, Cryocap, sur le site de Notre-Dame de Gravenchon.
Unité de captage de CO2 par procédé cryogénique, Cryocap, sur le site de Notre-Dame de Gravenchon.

Les majors pétrogazières le savent depuis longtemps. Même en l’absence de modèle économique rentable, il va leur falloir développer le captage et le stockage de CO2 (CCS) sur leurs puits de forage, dans leurs raffineries et dans leurs installations pétrochimiques.

Malgré la traque aux fuites de méthane, l’électrification des rares process qui peuvent l’être et le recours à l’hydrogène vert, le CCS est le seul moyen de réduire significativement leurs émissions de gaz à effet de serre. Et comme pour l’exploration et l’exploitation sous-marines, elles vont devoir partager les risques. Dès 2015, douze des plus grands groupes pétroliers, représentant 30 % de la production mondiale d’hydrocarbures, se sont alliés au sein de la Oil & Gas Climate Initiative (OGCI). Ils y ont créé un fonds de 1 milliard de dollars pour investir dans des technologies et des start-up du CCS.

En 2020, certains sont allés un cran plus loin. En mai, Total, Shell et Equinor ont annoncé un investissement de 6.9 milliards de couronnes norvégiennes (environ 630 millions d’euros) dans le projet norvégien Northern Lights, pour assurer la partie transport par bateau et stockage sous-marin du CO2 en mer du Nord.

Mais pour les projets de neutralité carbone Net Zero Teesside et Zero Carbon Humber de deux grandes zones industrielles de l’est du Royaume-Uni, se mettre à trois ne va pas suffire. Pour stocker le CO2 de leurs fumées dans l’ancien puits de gaz sous-marin Endurance, à quelque 80 km des côtes, en mer du Nord, BP a dû s’allier à quatre autres groupes pétroliers, Shell, Equinor, Eni et Total, ainsi qu’au gestionnaire de réseau de transport de gaz et d’électricité britannique National Grid, au sein du consortium Northern Endurance Partnership. Il faudrait être six pour partager le risque.

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