Alors que le marché de l’automobile marque le pas (1,75 million de voitures neuves ont été vendues en 2023 à l’échelle de l’Europe contre 2,2 millions à la veille de la pandémie), jamais en revanche celui des voitures sans permis n’a été aussi florissant. Le volume de vente a en effet doublé sur la même période (2019-2023) et sur le même périmètre géographique pour dépasser les 60 000 unités immatriculées en France. Et rien ne laisse présager d’un retournement de situation, au contraire. Le développement de nouveaux modèles, notamment électriques, mais aussi l’évolution de la législation qui, d’une part, restreint l’utilisation de véhicules thermiques dans les centres-villes et qui, d’autre part, permet de conduire dès 14 ans ce type de véhicules (25% des ventes), sans oublier l’explosion du nombre de retraits de permis de conduire (3% des immatriculations) devrait continuer à alimenter la croissance du marché. Cette dynamique constitue une réelle opportunité de développement pour le groupe français Aixam, qui réalise 50% de ses ventes hors de l’hexagone. Encore faut-il pour cela être en mesure d’accompagner industriellement une telle croissance.
30 millions d’euros investis
Ce postulat a conduit le leader européen du secteur (avec 34% de part de marché) à se doter d’un tout nouveau site de production dans lequel pas moins de 30 millions d’euros ont été investis. Depuis l’inauguration en juin 2023 des 5 400 m² d’ateliers et des 400 m² de bureaux et de locaux sociaux qui constituaient la première tranche, deux extensions ont été réalisées portant ainsi la surface totale de l’usine à 17 400 m².
Implanté dans le nord de la Drôme sur la commune d’Andancette, le site - inauguré le mardi 24 septembre - regroupe désormais trois usines sous le même toit : Carmétal, Carmax et AMe Production. A charge pour la première, la production des châssis à partir de profilés d’aluminium. La seconde a, elle, pour vocation, la pose de certains éléments de carrosserie (fabriqués à quelques kilomètres de là sur le site isérois de Chanas) et d’accessoires (cloisons moteurs, pare-brise, portes, hayon arrière, faisceau électrique, joints d’étanchéité, etc.). La troisième a pour rôle l’assemblage final des véhicules (pose des groupes moto propulseurs, des éléments de freinage, etc) et des tests finaux. Une activité qu’elle partage avec le site historique d’Aix-les-Bains où l’aventure Aixam a débuté en 1983. Le site est ainsi configuré pour produire 23 000 véhicules par an, dans un premier temps, et 30 000 à moyen terme.
Aixam Un site qui associe technologie et préservation de l’environnement
Outre sa capacité de production de l’ordre de 500 véhicules par semaine, cette usine, au sein de laquelle évoluent désormais 160 personnes (sur un effectif total de 350 salariés) dispose de solutions technologiques de pointe. Comme les deux centres de découpe-laser tube, la dizaine de robots, le convoyeur AGV, mais aussi et surtout la chaîne de peinture entièrement automatisée qui intègre un système de traitement de surface par décapage laser unique en son genre. «Elle nous permet de traiter un châssis complet, ainsi que les portières en à peine plus de 4 minutes. C’est moins énergivore que les systèmes traditionnels puisque nous ne consommons que 7kilowatts/heure et, comme nous n’utilisons pas d’acides, nous n’avons pas d’eau à traiter», se réjouit Cédric Brossard, directeur industriel du groupe.
Aixam Le site d'Aixam à Andancette regroupe désormais trois usines sous le même toit : Carmétal, Carmax et AMe Production. © Aixam
Cette nouvelle usine présente également la particularité d’être autonome sur le plan énergétique du fait de l’installation en toiture de 2240 m² de panneaux photovoltaïques pour une production de 260 kilowatts en autoconsommation et 240 Kw en vente. D’ici 2025, 4000 m² de panneaux supplémentaires seront installés pour une puissance supplémentaire de 1000 kilowatts.
«Notre ambition est de permettre à des milliers de personnes dénués de permis de conduire de pouvoir se déplacer librement, en confort et en sécurité. Cette nouvelle usine illustre notre ambition», résume Olivier Pellettier, directeur général d’un groupe qui aura réalisé un chiffre d’affaires de 219 millions d’euros en 2023 et qui s’est fixé pour objectif en 2024 la livraison de 20 000 véhicules en Europe et 10 000 en France, dont au moins 20% d’électriques.



