Du nouveau dans le recyclage des emballages. Dans son usine d’Hondouville (Eure), le groupe suédois Essity, spécialisé dans les produits d’hygiène (présent dans 150 pays, 46 000 personnes, 11,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2020) va investir 11 millions d’euros afin de faire passer ses capacités de traitement de briques alimentaires d’environ 20 000 à 24 000 tonnes par an. Autre nouveauté, le recours à un nouveau procédé permettra de porter jusqu’à 98% la quantité de fibres récupérées dans les briques, contre 80% actuellement. Un projet qui devrait aboutir en janvier 2022, pour une mise en route au premier semestre.
Employant 380 personnes, l’usine Essity d’Hondouville fabrique des produits à destination du grand public (lingettes coton Demak’Up) et des professionnels (sous la marque Tork), dont du papier toilette et des papiers d’essuyage. L’usine est le plus grand site européen de fabrication de papiers à base de vieux papiers et de briques alimentaires. Elle représente aujourd’hui 63% des briques alimentaires qui sont collectées, triées et recyclées en France.
“Au-delà de son côté durable, ce projet a également d’autres vertus. Il permet par exemple d’améliorer les flux logistiques sur site ou de réduire les risques d’accident en clarifiant les zones de circulation véhicules et piétons. Un élément important lorsqu'on vise le zéro blessure”, précise la directrice de l’usine, Anne Conte. De nouvelles machines seront installées sur le site.
Les essuie-mains jetables bientôt recyclés
Parallèlement à ce projet, Essity annonce, en avant-première à L’Usine Nouvelle, le lancement en France de son service Tork PaperCircle, déjà déployé en Allemagne et aux Pays-Bas. “En plus des vieux papiers et des briques alimentaires, nous réintégrons une boucle de vie sur les essuie-mains usagés des sanitaires. Nous avons intégré ces éléments dans les dernières évolutions de l’usine d’Hondouville. Les entreprises clientes pourront réduire leur quantité de déchets jusqu’à 20%”, indique Marc Specque, responsable de la communication corporate Europe du Sud d’Essity.
Dans les sanitaires, les essuie-mains sont jetés dans une poubelle séparée, isolée par le personnel de nettoyage. Des collecteurs-recycleurs se chargent de les récupérer et d’en effectuer éventuellement un premier tri avant de les apporter à Hondouville. D’autres usines européennes, notamment en Allemagne, pourront participer. Et ce, avant que la matière ne soit transformée en de nouveaux produits papier.
Plusieurs tests de modèles économiques se déroulent actuellement. Le rayon de collecte est fixé à 250 kilomètres autour de l’usine, incluant de facto l’Ile-de-France.
En 2020, l’activité de Tork a été chahutée sur certains segments de la consommation hors-domicile. A l’heure du retour en plus grand nombre sur site, "il y a un besoin de rassurer les personnes qui vont travailler, au bureau, à l’usine ou au restaurant, constate Samy Ben Jazia, responsable marketing et communication de la marque. Nous avions eu des secteurs impactés, comme la restauration. L’industrie a continué à fonctionner. Le segment de la santé était sous tension". En France, la production de papiers d’hygiène a progressé l’an passé de 1,9%.



