Le week-end a été tendu dans les box où se retrouvent distributeurs, industriels et producteurs alimentaires. C'est, en effet, ce lundi 1er mars que prennent fin les négociations commerciales pour l'année 2021 qui définissent les tarifs entre les différents acteurs du secteur. Marquées par la crise économique qui plane sur le pouvoir d'achat des consommateurs et l'inflation du prix des matières premières, les discussions ont, cette année, été marquées par le retour de la guerre des prix.
Des demandes de déflation de l'ordre de 3 %
"Les distributeurs demandent des déflations de l'ordre de 2 à 3 %", affirme une source au sein de la Coopérative Agricole. Des chiffres confirmés par les autres associations de producteurs et d'industriels comme l'Ilec. Devant cette situation, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie a, fin janvier, tapé du poing sur la table évoquant la possibilité de dénoncer publiquement les chaînes de distribution les moins coopératives.
Une menace qui a permis de faire avancer les discussions selon Richard Girardot, le président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania). Interrogé par nos confrères de France Info, ce dernier estime que "l'action de Julien Denormandie et d'Agnès Pannier-Runacher [la ministre chargé de l'Industrie, ndlr] avait permis de faire reculer les demandes de certains distributeurs". La demande de déflation serait ainsi redescendue à 1 %. "Le problème, c'est que cette nouvelle demande intervient après sept ans de déflation durant lesquelles le secteur a perdu 7 milliards d'euros", ajoute Richard Girardot.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Contexte de hausse des prix des matières premières agricoles
La situation est particulièrement problématique pour les produits composés de matières premières agricoles dont les prix se sont envolés au cours des derniers mois. "À quelques jours de la fin des négociations, les indicateurs sont au rouge vif dans de nombreuses filières ! Les exigences des négociateurs pour imposer des baisses de prix dans un contexte d'inflation des coûts de production sont insupportables !" déplorent les Jeunes Agriculteurs dans un communiqué. À l'occasion d'un déplacement en Côte-d'Or, le président de la République Emmanuel Macron a d'ailleurs apporté son soutien aux agriculteurs en demandant une "rémunération juste dans l'esprit de la loi Egalim".
Mais si les distributeurs font l'objet de critiques de la part du ministère de l'Agriculture, les industriels ne sont pas en reste. Selon les informations du Figaro, deux d'entre eux – Savencia et Lactalis – ont reçu un courrier de rappel à l'ordre. Ce qu'on leur reproche : leur manque de transparence dans la construction des prix.
Des contrôles se sont d'ailleurs multipliés ces dernières semaines pour vérifier le mécanisme de construction des prix. Depuis 2019, la loi Egalim prévoit l’inversion de la construction du prix à partir de la prise en compte des coûts de production. Selon les informations divulguées par le ministère de l'Agriculture, en 2020, 373 fournisseurs ont été auditionnés, quatre amendes administratives infligées (pour une moyenne de 10 millions d'euros) et 2 877 contrôles de promotions ont été réalisés. "En 2021, nous allons rester sur le même niveau de contrôle. L'objectif étant que cela ait un effet dissuasif", rappelle le ministère.



