D’ici trois ans, le groupe français Ametra veut recruter plusieurs centaines d’ingénieurs

Positionné sur la conception et la fabrication de matériel de pointe pour la défense ou l’aéronautique, Ametra projette de recruter près de 400 salariés dans sa filiale d’ingénierie d’ici 2027. En croissance, le groupe français veut accélérer à l’international et dans les services support.

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Ametra mise sur l'intelligence artificielle pour faciliter le travail de ses ingénieurs.

Les candidats au métier d’ingénieur n'étant pas assez nombreux en France, recruter relève parfois du défi pour les entreprises concernées. Spécialisé dans l'ingénierie industrielle et l'intégration de systèmes électriques ou électroniques, Ametra (750 salariés et 55 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023) veut pourtant en embaucher 400 en trois ans pour doubler les effectifs d’Ametra Engineering, sa filiale dédiée. Dans le même temps, cette dernière doit doubler son chiffre d’affaires, qui atteint 40 millions d’euros actuellement.

Prestataire de grands groupes industriels comme Airbus, Naval Group ou EDF, l’entreprise assure des missions de bureau d’étude et produit des coffrets mécaniques ou des sous-ensembles électriques, comme pour le radar RBE-2 de Thales qui équipe le Rafale. Ametra, qui compte 13 sites en France, veut améliorer son maillage territorial pour répondre à la demande. «Aujourd’hui, l’ingénierie est ciblée vers la conception individualisée de produits, explique Anne-Charlotte Fredenucci, présidente d'Ametra. Par exemple, quand on vend un système de défense à l’export, les pays veulent souvent l’adapter, ce qui génère des besoins en ingénierie supplémentaires dans nos bureaux d’études.» En parallèle, le groupe veut renforcer sa filière logiciel-système embarqué ainsi que diversifier son offre vers l’ingénierie support et de production. Cette dernière doit représenter à terme 20 % de son activité. «Il y a une vraie attente de nos clients d’être accompagnés après la conception en bureau d’étude, complète la dirigeante. Nous voulons pouvoir y répondre pour le suivi de la fabrication, de la qualité, la supply chain et la maintenance.»

Un partenariat avec l'École centrale d’électronique

Pour pourvoir ces futurs postes, l’entreprise va tripler son équipe de recrutement, qui passera de trois à dix personnes. Un partenariat avec l’École centrale d’électronique (ECE) vient également d’être signé autour de l’intelligence artificielle générative. Une équipe de développement d’Ametra travaillera avec des étudiants-ingénieurs sur des cas pratiques qui impliquent l’IA. Le groupe mise sur ses progrès récents pour gagner en productivité, en optimisant ses calculs avec de nouveaux outils destinés à un usage interne. «Notre objectif n’est pas de créer un nouveau ChatGPT mais de travailler sur des sujets qui intéressent les ingénieurs comme le fait de produire plus rapidement de la documentation technique, indique Anne-Charlotte Fredenucci. Cela prend parfois autant de temps de la rédiger que de concevoir le produit en lui-même.» Cette documentation reste cependant essentielle pour prouver que le produit mis sur le marché respecte bien les normes en vigueur.

Enfin, le groupe vise une accélération de son développement international. Ametra possède pour l’instant deux sites de production en Tunisie (100 salariés) et en Inde (20 salariés). Il souhaite désormais mieux accompagner ses clients sur leurs marchés remportés en Europe. L’idée serait d’ouvrir des centres de services avec des salariés des pays concernés. Plusieurs pistes sont évoquées, par exemple en Italie, en Allemagne, en Espagne ou en Belgique. 

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