[Covid-19] STMicroelectronics réduit jusqu'à la moitié du personnel de production de ses sites en France

Le fabricant franco-italien de puces STMicroelectronics réduit de jusqu’à 50% les effectifs de production de ses cinq sites industriels en France : Crolles, Grenoble, Rousset, Tours et Rennes. Une mesure temporaire qui vise à limiter les risques de contamination par le Covid-19. Sa mise en place est adaptée dès ce 19 mars site par site.

 

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STmicroelectronics fabrication de composants electroniques a Rousset
Production de puces à Rousset, l'un des deux plus gros sites industriels de STMicroelectronics en France avec Crolles.

Après la généralisation du télétravail dans ses activités hors production, STMicroelectronics va plus loin dans la prévention des risques liés au Covid-19. Le fabricant franco-italien de puces électroniques, qui emploie en France 10 100 personnes, va réduire de jusqu’à 50% les effectifs de production et support associés sur ses cinq sites industriels dans l’Hexagone : Crolles, Grenoble, Rousset, Tours et Rennes. L’accord a été conclu au soir du 18 mars 2020 entre la direction et les deux syndicats majoritaires, la CFDT et CGC-CFE. La CGT, troisième syndicat représentatif, qui demande un arrêt complet des activités industrielles, ne l’a pas signé.

Préserver l'outil industriel

"C’est une mesure sans précédent pour l’entreprise, affirme à L’Usine Nouvelle Jean-Pierre Kiledjian, délégué CGC-CFE. Depuis le début de la crise, notre priorité est de protéger la santé du personnel. Pas besoin d’un arrêt complet des sites de production. Cela mettrait en danger la société. Il faut penser à préserver l’outil industriel. "

La mesure est temporaire. Elle s’applique du 19 mars au 2 avril 2020. Sa mise en place a commencé ce 19 mars. Elle nécessite une réorganisation de la production et du planning des équipes site par site. Le personnel reste payé à 100% par l’entreprise même s’il travaille à 50% de son temps habituel.

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" La système s’inspire de ce qui a été mis en place dans les sites industriels du groupe en Italie, précise Jean-Pierre Kiledjian. L’idée est de faire tourner les équipes de façon à diminuer le nombre de personnes présentes au même temps sur site. Dans le cas d’une réduction de 50%, cela signifie qu’une équipe va travailler deux fois moins souvent que d’habitude. Nous espérons ainsi réduire les risques de contamination. "

Pas de rupture de la chaîne logistique

Il n’est pas clair si cette réorganisation temporaire va se traduire par une baisse de la production dans les mêmes proportions. Mais selon les syndicats, elle intervient à un moment où la production est en train de faiblir à cause de l’augmentation de l’absentéisme de personnel, alors que le groupe n’a pas connu de rupture de la chaîne logistique ni de baisse significative de la demande de ses clients.

"Le personnel se montre très inquiet, notamment à Crolles et Rousset, les deux plus gros sites industriels du groupe, souligne Marc Leroux, délégué CGT. Il ne faut pas que l'on arrive à une situation comme sur le site d'Agrate, en Italie, où ces craintes ont conduit à des grèves. Nous avons au départ demandé une réduction de l’activité industrielle. Mais, pour être en cohérence avec les mesures de confinement décidées par le gouvernement,  nous avons réclamé un arrêt complet. Bien sûr, il faut que cet arrêt soit bien organisé pour pourvoir ensuite reprendre l’activité quand la crise sera terminée. "

Pour le personnel des activités en dehors de la production, qui représente environ la moitié de l’effectif en France selon les syndicats, STMicroelectronics a anticipé la demande du président Macron en le mettant à 80% au télétravail il y a deux semaines.

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