Avril 2020, la première vague de Covid-19 fait des ravages en France. Michelin décide alors de participer à l’effort collectif pour lutter contre la pandémie en se lançant, pour la première fois de son histoire, dans la fabrication de masques chirurgicaux. Objectif, fournir les salariés du groupe et les hôpitaux qui en manquent alors cruellement. Un an plus tard, le manufacturier a décidé de pérenniser cette activité et d’investir lourdement dans l’une de ses usines clermontoises pour produire jusqu’à 4 millions d’unités par mois.
"Au tout début de l’épidémie, 650salariés sont venus travailler volontairement jusqu’en juin. Dès juillet 2020, nous avions décidé de pérenniser cette production", se souvient Pierre-Henri Legrand, devenu depuis cette date responsable de l’activité masques chez Michelin.
Michelin L'atelier de Michelin permettra de produire mensuellement 3 millions de masques chirurgicaux standards de type I ou IIR à usage unique et, d’ici l’été 2021, 1 million de masques FFP2. © Michelin
Pour les 68 000 salariés du groupe
En quelques mois, Bibendum s’est donc organisé en implantant un nouvel atelier automatisé de fabrication de masques sur son site de la Combaude, près de Clermont-Ferrand, où sont habituellement produits les textiles et les résines destinés aux pneus. Trente salariés se relaient en 2/8 autour de nouvelles machines. Un investissement de 3,5 millions d’euros a été consenti pour répondre aux besoins de protection des 68 000 salariés européens de Michelin. "Pour l’heure, 3 millions de masques chirurgicaux standards de type I ou II R à usage unique sont produits. A partir de l’été 2021, 1 million de masques FFP2 s’ajouteront à cette production", précise le groupe.
Un partenariat entre Michelin et l’entreprise française Cera a été signé pour accélérer l’industrialisation des machines. Grâce à cette alliance et à cinq autres assembleurs qui ont rejoint le projet, la production annuelle de Cera est ainsi passée de 2 à 52 machines. Cera est une entreprise basée à Villars (Loire), spécialisée dans la réalisation de machines pour les industries textiles ainsi que pour le pliage et la découpe de compresses médicales.
Michelin Une partie des machines en service dans le nouvel atelier Michelin proviennent de l’entreprise française Cera. © Michelin
"Prêts à faire face"
L’atelier, doté d’une salle de niveau 9 sur l’échelle de classification propreté particulaire, tourne depuis à plein régime. La production pourrait même monter en puissance dans les mois à venir. "Nous aurons sûrement à subir de nouvelles épidémies dans l’avenir. Nous serons prêts à faire face", anticipe Pierre-Henri Legrand. Michelin compte déjà une centaine de clients essentiellement français et des laboratoires pharmaceutiques. "Ils viennent chercher chez nous le sérieux, la qualité des produits et le made in France", assure le responsable de l’unité, qui reconnaît avoir répondu à de "nombreux appels d’offres". Le masque Michelin, tout comme son lointain cousin pneumatique, est conçu pour durer.



