Procter & Gamble se mobilise aussi et produit du gel hydroalcoolique
Procter & Gamble met à disposition des autorités sanitaires locales une première livraison de produits de première nécessité, 1 000 litres de gel hydroalcoolique fabriqués sur site ainsi que 10 000 masques. "Cet engagement sera maintenu le temps nécessaire, en lien avec les autorités locales", indique la direction de P&G.
Au sein de l’usine, le laboratoire a été réaménagé pour assurer la fabrication et la livraison de solutions antibactériennes afin de répondre aux besoins du personnel soignant en première ligne dans cette crise sanitaire. Le site va également "offrir aux plus petites structures sanitaires locales, type cabinets d’infirmiers ou Ehpad l’équivalent de 200 colis, comprenant chacun 50 masques, gants, charlottes, blouses, produits désinfectants (de type javel) et un bidon de cinq litres de gel hydroalcoolique produits sur le site". L'usine d'Amiens (Somme), implanté depuis 55 ans dans la zone industrielle nord, est la plus grande usine d'Europe du groupe, avec plus de 1 000 salariés et le deuxième site mondial de production de détergents du groupe comme Ariel, Lénor, Dash.
Procter & Gamble © Procter & Gamble
Roquette dédie une ligne de production à la fabrication de gel hydroalcoolique
Depuis une semaine, Roquette, leader mondial des ingrédients d’origine végétale utilise un pilote R&D pour fabriquer une solution hydroalcoolique. Sur son site de Lestrem (Pas-de-Calais), six personnes assurent la production et quelques autres la gestion des matières premières, le reconditionnement du produit fini ou encore les expéditions. L’entreprise Roquette de 2 700 salariés en France (3,5 milliards d’euros de chiffre d'affaires mondial) possède déjà les matières premières nécessaires puisqu’elle les utilise habituellement pour la fabrication d’ingrédients destinés aux marchés pharmaceutiques et industriels. Par semaine, elle fournit 4 000 litres au CHRU de Lille (Nord), 500 à la Communauté de communes de Flandres Lys, 500 à destination de ses propres sites. Conditionnée sous forme de cubitainers de 1 m3 ou de bidons de 10 litres, la production est acheminée par des transporteurs vers les différents sites.
Roquette © Roquette
Moumia SARL mobilise son équipe pour fabriquer des masques de protection
Pour répondre à la demande de clients, la PME Moumia SARL spécialisée dans la confection de maille coupée-cousue s’est mise à coudre des masques. Dès le 18 mars, ce sous-traitant de la grande distribution a vu les demandes affluer. 500 masques sont produits chaque jour sur son site, à Roubaix (Nord). Une dizaine de personnes sont sollicitées, soit l’ensemble du personnel. Ces protections, non homologuées, ne sont pas dédiées au personnel soignant mais plutôt aux chefs d’entreprise et à leurs employés. Mais il a fallu investir dans des élastiques que l’entreprise (moins d’un million d’euros de chiffre d’affaires) n’utilise pas en temps normal. Réalisés depuis un prototypage effectué il y a quelques années, au moment du SRAS, les masques sont livrés par voie postale, par la direction dans un périmètre restreint ou encore enlevé directement par le client.
Norlinge fabrique des masques à Nieppe
Spécialisée dans la confection textile pour les collectivités médicales et hospitalières, Norlinge basée à Nieppe (Nord) est une filiale du groupe Vanderschooten, fabricant de linge de maison. Dès le 19 mars, après avoir reçu la validation de leur prototype par la direction générale des armées, l’entreprise de 150 salariés décide de produire des masques. Une douzaine de personnes ont confectionné 2 000 unités la première semaine, puis 10 000 la suivante et jusqu’à 20 000 cette semaine. Les demandes continuent d’affluer. Au départ, ces masques étaient distribués dans la région mais face à la forte demande, ils sont livrés partout en France via un réseau de transporteurs.
Norlinge © Norlinge
Malterre fabrique des masques anti-gouttelettes
A Moreuil dans la Somme, Malterre, entreprise de dix salariés, a réussi à produire un masque anti-gouttelettes après une semaine de prototypage. "En tant que tricoteur, nous fabriquons nous-même notre propre tissu. Notre masque à la fois filtrant et confortable se compose d'une face en polyamide microfibre pour plus de confort sur le visage et une face en coton peigné, souligne son dirigeant. Nous avons décidé de donner nos masques. Nous les livrons principalement dans l'est de la France, aux hôpitaux, maisons de retraites mais aussi aux usines vitales pour le pays."
Plus de 7 000 masques ont déjà été expédiés sur une prévision de 30 000 à produire en tout. La société que dirigent Patricia et Laurent Malterre depuis 1981, avec un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros, est spécialisée dans la fabrication d’étoffe à maille et opère sur de nombreux autres marchés, dont principalement le balnéaire, la lingerie, le prêt-à-porter mais aussi dans les marchés de niche comme la conception de housses de cercueils pour transport en avion.
CIT Dessaint répond à l'appel des hôpitaux
Spécialisée dans la fabrication de textile sportif à Amiens (Somme), l'entreprise CIT Dessaint a décidé de produire des masques suite aux demandes des hôpitaux de Grenoble (Isère) et de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor). Des masques également destinés aux personnels administratifs et aux commerçants. Près de 4 000 ont déjà été livrés. L'Institut français du textile et de l'habillement (IFTH) a donné les directives de patronage et les points techniques pour la fabrication.
CIT Dessaint © CIT Dessaint
"Nous avons mis au point notre masque que nous vendons à prix coûtant en travaillant de concert depuis plusieurs jours avec toute la profession textile pour un véritable partage de moyens", raconte Philippe Dessaint, le chef de cette cinquième génération de confectionneurs. Dix salariés sur les dix-sept que compte l'entreprise (1,7 million d'euros de chiffre d'affaires) n'ont pas hésité à quitter leurs maisons pour reprendre place derrière leurs machines à coudre. "Nous comptons en produire 20 000 pour le moment. Au début nous avons utilisé tout notre stock de tissu. Puis nous avons passé deux commandes à notre fournisseur espagnol. La première vient juste d'arriver."
Nadia Daki avec Kaltoume Dourouri



