[Covid-19] La Haute autorité de santé préconise un recours accru aux tests antigéniques

La doctrine d’utilisation des tests antigéniques du Covid-19 (dont le résultat tombe en 30 minutes) pourrait être élargie. C’est le sens d’un avis rendu par la Haute autorité de Santé ce 9 octobre.

 

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Test Covid-19
Le test antigénique se fait par prélèvement naso-pharyngé, mais les résultats sont connus sous 20 à 30 minutes.

Tester davantage de personnes plus rapidement. C’est ce que permettent les tests antigéniques, dont les résultats peuvent être rendus sous 20 à 30 minutes sur les lieux même du prélèvement. Alors que la France les a autorisés mi-septembre et en a commandé 5 millions, leur doctrine d’utilisation pourrait être élargie. C’est ce que préconise la Haute autorité de Santé (HAS) ce 9 octobre.

Après avoir validé le principe d’un recours à ces tests antigéniques, la HAS précise dans quels cas, selon elle, ils doivent être utilisés. D’abord chez les personnes symptomatiques, dans un délai de quatre jours après l’apparition des premiers signes de maladie. La HAS considère qu’un test antigénique positif ne devra pas être confirmé par un test RT-PCR classique. Cela pourrait contribuer au désengorgement des laboratoires.

En revanche, pour les personnes fragiles (âgées de plus de 65 ans ou ayant des facteurs de risque), un test négatif devra obligatoirement être suivi d’un test RT-PCR pour éviter tout faux négatif.

Détecter des clusters et isoler plus rapidement

La HAS considère aussi que les tests antigéniques peuvent être un outil utile pour débusquer des foyers d’infection. Ils répondent à un besoin non couvert, car il est très compliqué d’organiser des campagnes de tests ciblés à grande échelle avec la méthode RT-PCR, très gourmande en ressources, souligne la HAS. "Ce qui est essentiel ici, c’est de déterminer très vite si oui ou non, on est face à un cluster : dans ce cas, le test antigénique est très utile à grande échelle dans des lieux où la prévalence attendue est importante, comme les universités", juge Dominique Le Guludec, présidente du collège de la Haute autorité de Santé. "Ces tests permettent de casser les chaînes de transmission plus rapidement". D’autant plus qu’ils peuvent être réalisés par des infirmières, pharmaciens, médecins, ou dans des lieux de prélèvement mobiles, au plus près des potentiels foyers d’infection.

En revanche, faute de données scientifiques disponibles, la HAS ne préconise pas d’utiliser les tests antigéniques sur des cas contacts de personnes malades, ou pour des campagnes de dépistage de masse moins ciblées.

La HAS rappelle que l’efficacité des tests antigéniques est variable, et a fixé des critères pour les valider : ils doivent porter un marquage CE et présenter une sensibilité supérieure à 80%, et une spécificité d’au moins 99% avant d’être mis sur le marché. Plusieurs sociétés françaises développent des tests antigéniques, comme Theradiag et Eurobio Scientific.

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