Le déconfinement n’a rien changé pour Selva. Depuis l’approbation de l’accord de reprise d’activité au CSE le 17 avril 2020, ce sous-traitant électronique de 155 personnes et 15,6 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019 œuvre au retour progressif de sa production à la normale sur ses deux sites, l’un à Vallet, près de Nantes (Loire-Atlantique), l’autre à Chalon-Sur-Saône (Saône-et-Loire).
" Nous revoyons l’organisation et le planning de travail chaque semaine de façon à pouvoir faire revenir toujours plus de monde sur les deux sites, confie à L’Usine Nouvelle David Hériaud, le président de l’entreprise. Au plus bas de la crise en mars 2020, nous sommes tombés à 25-30 % des effectifs sur sites. Nous en sommes aujourd’hui à 80-85 %. Nous sommes proches de notre capacité nominale puisque nous faisons appel à peu d’intérimaires en ce moment. "
Des salariés contraints par la garde d'enfants
Le métier de Selva fait qu’environ 70 % de son effectif est féminin. Ce qui pose un problème de retour des salariés contraints par la garde d’enfants. Cela représente 10 % de l’effectif. " Nous avons choisi d’être souples en leur permettant de venir travailler quand ils peuvent ", note David Hériaud. Une dizaine de salariés restent en télétravail, alors qu’ils étaient une trentaine lors du confinement.

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Selva David Hériaud, président de Selva (Crédit photo: Selva)
Contrairement à certains de ses confrères, qui ont fermé leurs usines au début du confinement, Selva a poursuivi son activité de production à un niveau réduit. La PME a dû pour cela mettre en place toute une série de mesures sanitaires : portes ouvertes tout le temps pour éviter les contaminations par contacts manuels avec les poignées, désinfection des postes de travail, lavage des mains toutes les deux heures, port de masque ou visière obligatoire en travail de proximité et conseillé dans les déplacements surs sites. " Ce sont là des mesures simples que nous renforçons avec l’agrandissement des espaces pour accueillir plus de monde, explique David Hériaud. Nous avons la chance d’avoir de la place pour le faire. La sécurité de nos salariés reste notre priorité." Les plages horaires de travail ont été étendues de façon à ne pas avoir beaucoup de monde au même temps. Les prises de postes sont décalées d’une demi-heure pour éviter le croisement entre les deux équipes qui se relaient chaque jour en production.
" Bien sûr, toutes ces mesures coûtent, affirme le patron de la PME. Mais pas question d’en répercuter le coût sur les clients. Nous préférons rester compétitifs en dégradant nos marges. Ainsi nous gagnerons peut-être des marchés que nous n'aurions pas gagnés en augmentant nos prix. De la même façon, des clients vont nous demander des délais de paiement plus longs et des fournisseurs vont chercher à nous répercuter l’augmentation des coûts des transports. Nous ne l’accepterons pas. "
Transparence avec les clients
Dans ce contexte compliqué, le patron de la PME plaide pour la solidarité entre fournisseurs, sous-traitants et donneurs d’ordre. " Il est question de croissance et de résilience, explique-t-il. Nous devons agir ensemble pour renforcer notre écosystème. L’heure n’est pas à la bataille sur les délais de paiement et les prix. L’heure est à la compréhension, l’entraide et la solidarité. Nous devons apprendre à travailler ensemble dans la transparence. A partir de cette semaine, nous allons appeler un par un nos 200 clients pour savoir comment ils vont et comment ils voient la reprise de leurs activités. "
A ce jour, la PME enregistre une baisse de 30 % du chiffre d’affaires et des prises de commandes par rapport à la même période en 2019. Pas de quoi entamer l’optimisme et la confiance de David Hériaud. " En 40 ans d’existence, notre société n’a jamais connu de déficit, rappelle-t-il. C’est possible que nous enregistrions cette année de mauvais résultats comptables. Nous sommes une entreprise familiale. Nous pouvons l’assumer. Nous voulons faire en sorte que la crise n’entame ni notre productivité, ni notre compétitivité. "
A ce stade, pas question de remettre en cause le plan de développement à trois ans du site de Chalon-sur-Saône avec l’embauche de 25 personnes et l’investissement de 2,5 millions d’euros d’ici 2023 avec l’objectif d’en doubler la capacité de production d’ici à 2023. Au contraire, l’entreprise a poursuivi son effort d’automatisation en faisant entrer cette année un robot. Pas question, non plus, de reporter le versement de l’intéressement. Il sera fait, comme d’habitude, en juin prochain.
Ne pas se mettre la pression
" Malgré les inquiétude de la profession et les incertitudes des clients, je reste confiant et j'impose à tous les managers de me donner une bonne nouvelle pour chaque mauvaise nouvelle, confie David Hériaud. Il y a des gens touchés psychologiquement par la crise ou affectés dans leur entourage par la maladie. C’est maintenant que nous devons jouer notre rôle en leur apportant notre soutien. Il faut rester optimiste et souriant, ne pas se mettre de la pression, sans perdre l’engagement et la conscience professionnelle. Nous avons la chance d’être au top niveau en matière de qualité et d’avoir des clients qui nous font confiance. Je veux que les gens soient fiers de travailler chez nous et d’adhérer à l’entreprise. "



