[Covid-19] L’équipementier automobile A.M.I.S. ferme ses deux usines dans la Creuse et l’Allier

Le sous-traitant automobile A.M.I.S. va fermer ses deux usines de Guéret (Creuse) et Montluçon (Allier) soit 560 salariés et 90 intérimaires qui cesseront leur activité ce weekend pour une semaine renouvelable afin de respecter le confinement total exigé par le président de la République, Emmanuel Macron.

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L’équipementier automobile A.M.I.S., sous-traitant de PSA, ferme ses sites basés à Guéret et à Montluçon.

Des salariés du sous-traitant automobile A.M.I.S., basé à Guéret (Creuse), ont fait valoir leur droit de retrait pour raisons sanitaires dès le 17 mars. Cette filiale du groupe français Sifcor, spécialisée dans la fabrication de pignons de boîtes de vitesse, a décidé de stopper sa production au cours de ce weekend.

Le site creusois et la seconde unité implantée à Montluçon dans l'Allier seront fermés au plus tard dimanche 22 mars pour une durée d’au moins une semaine renouvelable en fonction de l’évolution de la pandémie de Covid-19.

Les 560 salariés en CDI et les 90 intérimaires en renfort sur le site de Montluçon ne reprendront pas leur poste le 23 mars. La production est arrêtée de manière progressive, l’atelier préparation et outillage a fermé le 18 mars, l’atelier usinage sera fermé le 19 mars et l’atelier traitement thermique le 20 mars. Depuis deux semaines, la direction avait mis en place un comité de crise pour faire face à cette crise sanitaire.

"Aucun cas n’a été détecté sur les deux sites, précise Philippe Dufeutrelle, le directeur général. Nous avons peu de gel hydroalcoolique, nous respectons la distanciation bien que ce ne soit pas évident tous les jours dans l’industrie mais nous sommes dans la confusion totale depuis la déclaration de confinement qui a semé le trouble. Elle a été très mal comprise par la plupart des gens. On nous dit qu’il est important de continuer l’activité industrielle car l’économie risque de se gripper. S’il n’y a plus de chiffre d’affaires, cela aura des conséquences sur les payes et le pouvoir d’achat."

L’indemnisation du chômage partiel reste la grande inconnue pour cet industriel pris en étau entre la santé de ses salariés et les commandes de ses clients. Le sous-traitant produit pour PSA et Renault, ses donneurs d'ordre principaux qui ont déjà stoppé leurs chaînes d’assemblage, et pour la plupart des constructeurs automobiles mondiaux.

De la matière première pour redémarrer

Pour l’heure, la date de réouverture est inconnue et une autre certitude plane quant à la livraison des aciers. "Il nous faudra de la matière première pour redémarrer, l’un de nos fournisseurs va aussi arrêter sa production ce dimanche", constate le dirigeant. C’est un nouveau coup dur pour la société A.M.I.S. qui avait connu une situation difficile l’an dernier. "Nous avions mené une opération de retournement qui commençait à porter ses fruits, en renouant avec les bénéfices avec deux excellents mois de janvier et février 2020, signale le directeur général. Aujourd’hui, nous souffrons terriblement. L’indemnisation de cette période est un vrai sujet pour tout le tissu industriel national car nous ne savons pas quand nous recevrons l’argent pour payer les salaires."

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