Comment Voltec Solar réduit l'empreinte carbone des panneaux solaires

Pour résister face aux panneaux solaires chinois, l’alsacien Voltec Solar travaille sur l’écoconception et la réduction de l’empreinte carbone de ses panneaux depuis 2015.

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Production de panneaux solaire bas carbone
En 2019, Voltec a investi 5 millions d’euros sur le site de Deinshein-sur-Bruche (Haut-Rhin) en Alsace pour multiplier la production de panneaux photovoltaïques par trois.

Pour résister face aux panneaux solaires chinois, Voltec Solar n’a trouvé qu’une solution: tout miser sur la réduction de l’empreinte carbone de ses panneaux photovoltaïques. Cette filiale du groupe alsacien Strub (250 millions d’euros de chiffre d’affaires, 1000 personnes, 7 usines en Alsace, en Lorraine et en Creuse) a été créée en 2009. En 2019, le groupe a investi 5 millions d’euros sur le site de Deinshein-sur-Bruche (Haut-Rhin) pour multiplier par trois sa production de panneaux photovoltaïques, pour atteindre une capacité de 200 mégawatts (MW) par an. Le site de 4 000 m² emploie 110 personnes.

Le virage vers l’écoconception et le bas carbone remonte à 2015. "On a développé une gamme très bas carbone", explique Lucas Weiss, le directeur général de Voltec Solar. Comment ? "Il y a eu un gros travail dans l’usine sur la partie procédés, sur la gestion des déchets et une intégration des énergies renouvelables avec de l’autoconsommation", détaille le dirigeant. 500 kW de panneaux solaires ont été installés sur les toits de l’usine chauffée avec une chaudière biomasse, alimentée par de la sciure de bois locale. 98 % des déchets, emballages, verres et métaux sont également valorisés.

Se sourcer au plus près

Pour baisser l’empreinte carbone des panneaux, Voltec a également travaillé sur le sourcing en favorisant au maximum les contenus locaux. Lorsque l’usine Saint-Gobain de Mannheim (Allemagne), à 150 km, a fermé, Voltec a cherché un autre fournisseur le plus près possible. Et s’est tourné vers Interfloat, qui a une usine dans le nord de l’Allemagne. "Nous regardons aussi d’où provient le polysilicium et nous avons un accord avec un norvégien pour les lingots et les plaquettes". Pour l'instant, "elles sont toutes retraitées en Chine. Mais il y a des pistes pour basculer en Europe", avance Lucas Weiss. Des industriels ont conservé une production en Italie, en Russie ou en Lituanie, mais avec des capacités limitées. La volonté de l’Europe de moins dépendre de la Chine pour ces équipements indispensables à l’autonomie énergétique pourrait changer la donne et attirer des investissements, comme celui du groupe norvégien Rec, à Hambach (Moselle).

Un projet de gigafactory avec Systovi

Voltec travaille aussi sur le volet recyclage de ses produits. Mais le groupe reconnaît qu’il reste quasiment impossible d’intégrer des matières issues du recyclage dans les nouveaux panneaux. L’innovation de la start-up Rosi Solar (Return on silicium), qui développe des technologies permettant de récupérer le silicium ultra-pur et les autres métaux perdus lors de la production des cellules photovoltaïques et de la fin de vie des panneaux solaires, pourrait changer la donne.

Enfin, Voltec envisage de partager son savoir-faire sur les panneaux solaires bas carbone avec une autre ETI du solaire, Systovi, filiale du groupe Cetih. Les deux entreprises voudraient créer une co-entreprise pour produire 1 gigawatt de panneaux solaires très bas carbone en France. La réalisation de ce projet de 35 millions d’euros est liée à une nouvelle réglementation.

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