Le 16 février dernier, Veolia annonçait avoir développé avec ses partenaires une méthode de détection du variant anglais du Covid-19
dans les eaux usées. Cette avancée complète son offre lancée en décembre 2020 pour détecter uniquement le virus du Covid-19 dans les eaux usées.
Utilisation de la PCR digitale
Pour développer ce test, les équipes de R&D de Veolia situées au laboratoire à Maisons-Laffitte (Yvelines) ont travaillé en partenariat avec le laboratoire Phytocontrol, le CNRS de Sophia Antipolis pour le séquençage et la start-up IAGE spécialisée en analyse biologique.
Ce test détectant le variant anglais utilise la PCR digitale, une méthode qui se démarque de la précédente offre utilisant la PCR normale. Alors que cette dernière a recours à un seul échantillon, la PCR digitale fractionne un échantillon en 26 000 sous-échantillons pour augmenter la sensibilité. « Cette méthode est beaucoup plus précise et 10 à 50 fois plus sensible, » explique Stanislas Pouradier Duteil, directeur de gestion de portefeuille à Veolia.
23 000 stations d’épuration en France
Depuis décembre, une dizaine de communes en France, comme Soissons ou Aubeville, ont souscrit à son offre et une trentaine d’autres sont en négociations. Elle permet pour environ 3 000 euros par mois de réaliser une analyse par semaine. Veolia envoie également un tableau de bord digital qui donne les informations sur plusieurs paramètres (taux d’incidence, etc.).
Veolia Exemple de tableau de bord réalisé par Veolia pour synthétiser le résultat des tests en station d'épuration. Crédit : Veolia.
Quelques mois après le début de la crise sanitaire, Veolia a pris très tôt conscience du potentiel de l’analyse des eaux usées. L'entreprise est l’opératrice de 10% des 23 000 stations d’épuration françaises. Dès juillet 2020, elle a réalisé chaque semaine des prélèvements dans plusieurs de ses stations.
Parallèlement à Veolia, le réseau Obépine est le principal acteur en France réalisant des tests au sein des stations d’épuration. Ce réseau est un consortium de recherche né en avril 2020 sous l’impulsion du Comité Analyse, Recherche et Expertise (Care) Covid-19. Il contrôle 150 stations mères et 300 stations filles, les stations mères étant suivies en priorité. « Nous ne nous adressons pas aux collectivités qui sont adhérentes du réseau Obépine, ajoute Stanislas Duteil. Le but n’est pas de faire des doublons. »
Les recherches sur les autres variants sont à venir
L’analyse des échantillons de Veolia est effectuée avec son partenaire IAGE. Cette start-up basée à Montpellier (Hérault) emploie une dizaine de personnes et produit les tests, à raison de « plusieurs centaines par jour ». Veolia et IAGE restent cependant vigilants sur la disponibilité des réactifs qui sont communs avec ceux des tests sur la santé humaine, prioritaires quant à eux.
Pour l’heure, la nouvelle offre "VIGIE COVID-19+" ne détecte que le variant anglais. Veolia et ses partenaires planchent sur l’élaboration de nouveaux tests des eaux usées capables de détecter les nombreux autres variants (sud-africain, brésilien, japonais, californien…). Veolia n’a pas communiqué de date de sortie pour ces autres tests.



