« Les télécoms sans électricité, ça ne fonctionne pas contrairement à ce que semblent croire certains de mes interlocuteurs », rappelait Fabienne Dulac, la CEO d’Orange France lors d’un point presse mercredi 9 novembre. On ne saura pas qui sont ces mystérieux interlocuteurs qui à force d’entendre parler de dématérialisation des télécoms en ont conclu qu’ils fonctionnaient sans énergie. Diplomate, la DG d’Orange évoquera des chefs d’entreprise, des élus locaux… mais impossible d’avoir des noms.
Pas de télécoms sans électricité
Ce qu’on saura, en revanche, c’est le plan d’actions mis en place par l’opérateur en cas de délestage, la mesure ultime envisagée pour cet hiver, si jamais la France venait à manquer d’énergie. «On ne sait pas dire aujourd’hui si on sera coupé ou non cet hiver», précise Fabienne Dulac. Elle assure que les gestionnaires d'infrastructures eux-mêmes ne peuvent pas encore le dire.
Au préalable, rappelons que toutes les box fonctionnent grâce à leur prise électrique et qu’un smartphone aussi perfectionné soit-il ne pourra pas faire grand-chose quand les antennes relais ne seront plus alimentés en électricité.
Si une zone est délestée, les box seront donc éteintes apriori chez les particuliers et dans les entreprises (à moins qu’ils aient une source alternative comme un groupe électrogène). Si l’antenne relais mobile est située elle-aussi dans une zone touchée, il y aura aussi des coupures. «Les antennes sont équipées de batteries mais pour des coupures de 20 voire 30 minutes. Elles ne tiendront pas deux heures», assure Marc Blanchet, directeur technique et SI d’Orange. L'opérateur recense 27 000 sites mobiles, qui ne pourront pas être alimentés via un groupe électrogène en cas de délestage.
Autrement dit, des abonnés pourront potentiellement se retrouver sans téléphonie fixe et mobile. En revanche, du côté d’Orange, on est rassurant sur les datas centers de l’opérateur qui possèdent une «double adduction en énergie, électrique et par groupes électrogènes», poursuit-il.
Un plan de communication pour accompagner les abonnés
Autre certitude concernant ces délestages, c’est le modus operandi que suivront les gestionnaires des réseaux d’énergie. Ils devront prévenir trois jours avant un éventuel risque de délestage. «La veille, nous serons informés des zones qui seront concernées si le délestage est confirmé et les horaires pendant lesquels il s’appliquera», précise Fabienne Dulac. L’opérateur se chargera alors d’informer ses clients, par mail, SMS ou les deux. Pour l’heure, le choix n’est pas encore arrêté. Les salariés de l'entreprise seront aussi informés.
C’est toute la difficulté de la communication autour du délestage : comment réussir à informer les utilisateurs, sans créer de panique a priori ? Chez Orange, on assure que les gestionnaires d’infrastructures ne savent pas aujourd’hui ce qu’il en sera finalement tant les paramètres à prendre en compte sont nombreux. Chez Orange, on assure avoir prévenu les pouvoirs publics et les gestionnaires de l’importance vitale des télécoms.
Mesures préventives
Orange s’est aussi engagé pour prévenir le risque de délestage en ayant une action proactive. Ainsi, l'opérateur serait en mesure de réduire sa consommation sur le réseau fixe et réduire ainsi ses besoins en cas de forte demande. Comment ? En utilisant moins d'antennes pendant un certain temps.
Orange indique que le groupe représente 0,4 % de la consommation totale d’énergie en France. L'opérateur insiste sur les mesures prises ces dernières années pour améliorer l'efficacité énergétique de son réseau : "entre 2014 et aujourd'hui, l'énergie nécessaire au transport d'un giga octet par le réseau mobile a été divisé par 10", fait remarquer Marc Blanchet.



