Comment Michelin est affecté par le conflit en Ukraine

Michelin suit 24 heures sur 24 l’évolution du conflit en Ukraine. Le manufacturier français possède une usine en Russie et des effectifs commerciaux en Ukraine. Comment gère-t-il la crise ?

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Michelin pneu
Michelin suit l'évolution de la situation en Ukraine en temps réel.

Chez Michelin, les réunions de crise ne connaissent pas de répit depuis deux ans. Après avoir pris de plein fouet la pandémie mondiale de Covid qui a fortement affecté les résultats et les effectifs du groupe, voilà que le manufacturier français doit à nouveau faire face à une crise majeure, dont les conséquences restent incertaines. « Nous suivons la situation en temps réel, avec des mises à jour quotidiennes au plus haut niveau de l'entreprise entre le Comex et les services essentiels. Le groupe Michelin compte 12 employés en Ukraine. Leur sécurité est notre priorité absolue », confie le service communication volontairement flou sur le sort de ses collaborateurs ukrainiens dont les nouvelles restent « pour le moment rassurantes ».

Le manufacturier est en réalité pris en étau dans ce conflit, entre son bureau commercial de Kiev et son implantation en Russie, près de Moscou. Michelin est présent sur le marché russe depuis 1907 et emploie encore à ce jour environ 1 000 personnes dans le pays. Le Groupe dispose d'un site industriel, à Davydovo, pour accompagner le développement du marché local (pneus tourisme, et rechapage de pneus poids lourds) et d'un réseau de distribution via Tyreplus.

Sur place, très peu d’expatriés français travaillent encore pour Michelin. L’usine tourne presque exclusivement avec des salariés locaux. « Pour des raisons évidentes de sécurité, nous ne pouvons en dire plus », glisse-t-on dans l’entourage de Florent Menegaux, président du groupe.

« Nous nous conformerons aux sanctions économiques »

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Jusqu'à présent, les activités du groupe sont toujours opérationnelles en Russie. « Michelin examine attentivement les sanctions économiques adoptées vendredi et ce week-end par l'Union Européenne, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et d'autres pays du monde, ainsi que par d'autres acteurs en Russie », analyse le manufacturier, assurant qu’il « se conformera pleinement à ces sanctions ».

Dès lors, quel impact cette guerre aux portes de l’Europe pourrait avoir sur l’équipementier de Clermont-Ferrand ? « Il est bien sûr trop tôt à ce stade pour évaluer les conséquences des sanctions économiques qui ont été mises en place », souligne-t-on au plus haut du groupe. Reste que les conséquences sont, dès à présent, bien réelles pour Michelin comme pour tous les groupes industriels touchés par la flambée du baril de pétrole, du gaz, des composants… « Toute la chaîne de fonctionnement est impactée : logistiques, transports, supply chain, mais, comme à chaque crise majeure, nous gérons la situation de manière collective, ordonnée et calme afin d’éviter tout mouvement de panique ».

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