Pour Loeul et Piriot, la question du bien-être animal n'est pas nouvelle. Le leader européen de l'élevage de lapins et chevreaux travaille sur la question depuis la fin des années 2010. "A partir de l'année 2009, les clients des pays nordiques ont commencé à nous faire remonter des demandes sur ce thème", se rappelle Matthieu Loeul, directeur commercial de l'entreprise.
Modifier l'élevage pour répondre aux demandes des pays nordiques
Pour répondre à cette demande étrangère, le groupe, qui emploie 650 salariés sur trois sites de production en France, a donc rapidement décidé d'adapter sa façon de travailler. "Nous sommes alors passé à l'élevage hors cage, dans des parcs sans toit. Cela a permis de baisser la densité de lapins au mètre carré et donc d'améliorer les conditions d'élevage" précise le responsable.
Ces innovations ont permis à l'entreprise de conforter sa position de numéro 1 européen de la transformation de viande de lapin avec un chiffre d'affaires de 140 millions d'euros

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Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
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Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Lancement d'une marque dédiée en France
En France, il faut attendre les années 2015 pour que la pression sociétale se fasse sentir sur les commandes passées auprès de l'entreprise. C'est à cette époque que Loeul et Piriot lance l'initiative "éleveurs responsables" auprès des 400 éleveurs avec lesquels l'entreprise travaille.
Cette dernière, devenue en 2018 une association avec les coopératives agricoles Terrena et Cavac, impose l'élevage au sol dans des enclos de 12 mètres carrés (contre quatre auparavant), la mise en place de zones de nuit où les lapins peuvent se reposer..."Ces mesures sont avant tout éthiques. Elles affectent peu la qualité de la viande, mais elles répondent à une demande de la société", précise Matthieu Loeul.
La démarche a d'ailleurs été co-construite avec l'ONG CIWF France, qui défend les pratiques respectueuses du bien-être animal. "Cet élevage de lapins au sol en enclos est une révolution pour la filière cunicole, en France comme en Europe. Aucun mode d’élevage au sol n'est allé aussi loin que celui-ci, à notre connaissance", précise Amélie Legrand, responsable des affaires agro-alimentaires de CIWF France. En France, 99% des lapins sont encore élevés en cage.
Un surcoût de 20%
Les produits de l'initiative lancée avec Terrena et Cavac sont commercialisés sous la marque "lapin&bien" depuis le 1er janvier 2020. "A l'heure actuelle, nous livrons 5000 lapins par semaine sous cette marque. Mon objectif est d'atteindre 30% de nos volumes globaux (160 000 lapins par semaine) dans les sept années à venir", détaille le responsable. Pour cela, l'entreprise entend communiquer auprès des consommateurs car respecter ces nouvelles mesures a un coût. "En moyenne, les lapins de la marque "Lapin&bien" sont 20% plus chers que les lapins élevés de manière habituelle" note Matthieu Loeul.
Ce surcoût reste toutefois limité selon le responsable "notamment parce que nous avons travaillé sur des systèmes qui peuvent s'adapter aux bâtiments déjà existants. Cela est essentiel pour pouvoir convaincre les éleveurs de nous rejoindre dans cette initiative".
L'entreprise compte tout de même sur le plan de relance pour accompagner les agriculteurs dans cette transition, "cela permettrait d'apporter de la visibilité sur le long terme et de la pérennité" conclut le responsable.



