Comment l’industrie cosmétique travaille pour devenir plus durable

La Fédération des entreprises de la beauté (Febea) œuvre pour la constitution de guides pratiques et de plans d’actions destinés à renforcer les efforts collectifs de l’industrie cosmétique et à faire du secteur français un exemple mondial en termes de durabilité.

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Cosmétique bio Lea Nature
Le secteur des cosmétiques en France se rêve en leader mondial de la durabilité et travaille sur la réduction de son empreinte environnementale, de son utilisation de plastiques, ou encore de son utilisation d'eau.

L’industrie cosmétique ne figure pas parmi les pires secteurs en matière d’émissions de CO2. Mais le secteur en France souhaite jouer sa part et entend aller «au-delà des réglementations environnementales» requises, dans l’objectif de se positionner comme un «leader de la cosmétique durable», déclame Emmanuel Guichard, président délégué général de la Fédération des entreprises de la beauté (Febea). Représentant plus de 350 entreprises sur le territoire, la Febea travaille sur différents guides de bonnes pratiques et de plans d’action autour de quatre axes : la décarbonation, la sobriété hydrique, l’empreinte plastique et la biodiversité. Ces guides, dont certains seront publiés au cours de l’année, doivent permettre de déterminer des plans actions collectifs pour améliorer l’ensemble de la filière.

En France, en 2022, les émissions de scope 1 et 2 du secteur ne représentaient que 140000 tonnes de CO2 équivalent, soit 0,04% des émissions enregistrées dans le pays, selon la Febea et le bureau d’études Carbone 4. En revanche, le scope 3 pose davantage de problèmes. Dans le monde, en 2022, ce scope 3 a représenté 13,6 millions de tonnes de CO2 équivalent, dont un peu moins de la moitié est liée à l’utilisation des cosmétiques, comme les besoins en eau chaude pour le rinçage de certains produits. Dans l’autre moitié des sources d’émissions, les achats du secteur, en particulier sur les achats d’ingrédients et d’emballages, se positionnent avant même les émissions liées aux transports. La Febea prévoit de publier avant la fin de l’année une feuille de route de réduction de l’ensemble des émissions de la filière jusqu’en 2030. Elle veut s'appuyer sur plusieurs leviers comme le recours à des ingrédients moins carbonés, et des solutions d’emballage et aussi de transport à l’impact environnemental réduit.

Réduire l'utilisation de plastiques dans les emballages cosmétiques

Sur le front des emballages, le secteur s’est doté d’un Plastic Act dès 2021 avec des objectifs de réduction de 8500 tonnes, sur un total annuel de 55000 tonnes, de plastiques utilisés en moins par an à partir de 2025. Concrètement, il s’agit de réduire les volumes d’emballages de 15%, d’atteindre 20% de réemploi, de réincorporer de 10% à 25% de plastiques recyclés dans les emballages, et d’arriver à des emballages intégralement recyclables. La Febea prévoit de traiter les premiers résultats cette année, et se limite pour le moment à indiquer que la majorité des entreprises du secteur se sont emparés de ces sujets. Plusieurs freins ont été identifiés, comme les difficultés d’approvisionnement pour certaines résines recyclées, des manques d’alternatives pour certains types de résines qui peuvent perturber le recyclage, des limites techniques pour garantir parfois les propriétés barrières pour les produits, ou encore des limites esthétiques qui peuvent perturber l’acceptabilité des consommateurs. Des tests grandeur nature rassemblant plusieurs acteurs industriels sont menés par exemple dans les domaines des recharges, comme avec des meubles multimarques en pharmacie, ou des circuits de consignes.

L'industrie des cosmétiques se mobilise dans le plan eau

Aujourd’hui non contraint directement dans le cadre des objectifs du plan eau, le secteur a décidé «d’intégrer volontairement le plan eau», assure Emmanuel Guichard. Il cible 10% de réduction de consommation d’ici 2030. Stéphanie Lumbers, directrice du développement durable de la FEBEA, rappelle que «l’eau est le premier ingrédient des produits cosmétiques», utilisée dans la formulation et la composition, «et également la première commodité dans les procédés industriels», en particulier pour le nettoyage des outils industriels ou les circuits de chauffe et de refroidissements des équipements. Un guide de sobriété hydrique a déjà été publié en janvier dernier, et un plan détaillé de la Febea est attendu pour septembre prochain, avec des actions pour réduire les consommations, mieux recycler les eaux, mieux les réutiliser, et constituer des boucles fermées.

Enfin, sur le thème de la biodiversité, le secteur dispose déjà de plusieurs guides nationaux ou internationaux de bonnes pratiques. Les entreprises travaillent sur de multiples domaines, car la dégradation de la biodiversité peut directement compromettre l’accès à certaines matières naturelles utilisées par exemple comme principes actifs dans les cosmétiques. La Febea distingue notamment plusieurs axes de travail, comme la mesure des impacts environnementaux, la constitution de filières d’approvisionnement responsables, la restauration d’espaces naturels, ou encore le renforcement des travaux de R&D et d’écoconception.

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