Comment l'Allemagne se sèvre du gaz et du pétrole russes

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La construction du premier terminal GNL a commencé à Wilhelmshaven, en Allemagne, pour une mise en service fin 2022.

La part des importations de gaz russe par l’Allemagne est passée de 55 à 35 % en deux mois. Mais le chemin est encore long pour éviter totalement la Russie en matière de gaz naturel. À en croire les statistiques de l’Agence fédérale des réseaux, cette diminution tient à l’arrêt quasi complet des livraisons via le pipeline Yamal (passant par la Pologne), déjà très minoritaire dans la fourniture de gaz, tandis que celles des gazoducs Nord Stream?1 et Net4Gas (par la République tchèque) montrent une légère inflexion. Dans le même temps, Berlin dit avoir augmenté ses achats de gaz naturel en provenance de Norvège et des Pays-Bas, ainsi que ses importations de gaz naturel liquéfié (GNL) « de manière significative », sans pour autant donner de chiffres.

Pour poursuivre sur cette lancée, le gouvernement fédéral a confirmé la construction de quatre (et non plus trois comme prévu initialement) terminaux GNL sur ses côtes, mobilisant pour cela 2,94 milliards d’euros de subventions publiques. Le premier terminal, dont la construction a commencé fin avril à Wilhelmshaven, pourrait être mis en service dès cette année et les autorités espèrent que 7,5 milliards de mètres cubes pourront transiter l’hiver prochain par ce terminal.

Quatre terminaux GNL en projet

Le suivant, d’une capacité de 8 milliards de mètres cubes, sera implanté à Brunsbüttel et devrait être opérationnel en 2023. L’emplacement des deux derniers n’a pas encore été décidé. À terme, les quatre terminaux doivent permettre d’importer 33 milliards de mètres cubes de gaz liquéfié. Il sera cependant très difficile de se passer complètement de gaz russe avant 2024. L’Allemagne a acheté 46 milliards de mètres cubes de gaz à son ancien partenaire en 2021.

Du côté du pétrole, si Berlin a réussi à réduire de moitié sa dépendance à la Russie, la situation est épineuse pour la raffinerie PCK de Schwedt. Collé à la frontière avec la Pologne, à 100 kilomètres de Berlin, le site est approvisionné à 100 % par du brut russe via l’oléoduc Droujba, contrôlé par le groupe Transneft, proche du Kremlin. Traitant 11,6 millions de tonnes de pétrole par an, PCK raffine 95 % du carburant, du kérosène et du fioul utilisés à Berlin et dans le Land du Brandebourg. Il dessert aussi la Poméranie du Nord-Westphalie et une partie de l’Ouest de la Pologne. À elle seule, la société représente 10 % du marché allemand du raffinage et reste l’un des derniers liens de l’Allemagne au pétrole russe.

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Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle n° 3707 - Juin 2022

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