A Mouilleron-en-Pareds (Vendée), dans l’atelier dédié à l’assemblage de plats préparés, de petites barquettes en bois circulent sur des navettes. Installée depuis mai 2019 et opérationnelle depuis fin septembre, cette ligne nouvelle génération ressemble à un immense chemin de fer miniature.
Dans moins de trois heures, le "parmentier de bœuf charolais", l’une des dix nouvelles recettes de Fleury Michon, sera glissé dans son fourreau en carton et palettisé. Cette ligne "est la première du genre dans le secteur du plat cuisiné", annonce fièrement Jean-Michel Lerat, le directeur de l’usine. Sa particularité ?
À la différence des équipements rectilignes où le contenant est rempli au fil d’ateliers successifs, "la barquette est amenée à la doseuse que l’on choisit, au moment où on le décide, explique le directeur. Nous nous sommes inspirés de ce qui est fait dans les industries de la chimie et de la pharmacie".
Suivant un parcours avec des boucles, pour permettre à la barquette de passer plusieurs fois sous un même doseur, le procédé facilite la préparation de plats complexes sans réduction de cadence. Quelque 2 300 barquettes de 300 grammes sortent chaque heure de la ligne. "Elles seront 4 000 dans quelques mois", prédit le directeur. Cette année, la production de ces barquettes contribuera aux 15 000 tonnes de plats préparés livrées par l’usine aux différentes enseignes de la distribution.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne

Six millions d’euros ont été investis en 2019 pour la mise en place de cette technologie et la rénovation de 2 000 m2 de bâtiments. Deux fois plus que les années passées. L’industriel a mis les bouchées doubles pour distancer son concurrent Marie (groupe LDC), qui le talonne et dont l’activité progresse depuis deux ans. "Notre part de marché sur les plats cuisinés individuels (hors box) a légèrement baissé, même si nous sommes toujours leader avec 25 % de part de marché", confie Jean-Michel Lerat.
Pour se démarquer, l’industriel a décidé de prendre de l’avance et de passer un cap technologique. Il compte ainsi renouveler son offre et ouvrir les appétits.
Une cuisson plus traditionnelle
Outre la flexibilité du process et le remplacement du plastique des barquettes par du bois, cette ligne de 850 mètres vise à "améliorer la fraîcheur perçue et l’aspect visuel du produit". Une mise en valeur fondamentale, selon Jean-Michel Lerat, qui insiste sur un contenu "plus gourmand, avec des morceaux, et un gratin doré comme à la maison".
Si l’assemblage joue un rôle central, le mode de cuisson constitue l’autre innovation majeure. "À la différence du système qui cuit le plat sous vide dans l’emballage, cette ligne autorise une cuisson proche de celle d’un four traditionnel, explique le directeur du site. L’eau s’évapore et ne retombe plus sur le produit." Reste à savoir si le consommateur goûtera à cette nouvelle expérience. Fleury Michon n’a pas exclu d’investir dans un second outil du même type.
Matériaux à la carte pour emballage durable
Avec sa feuille de papier sulfurisé, la barquette en peuplier joue la carte de l’authenticité et répond à l’engagement de réduction du plastique de Fleury Michon. Le fond du contenant de Lacroix Emballages reste doublé d’une couche de PET qui disparaîtra bientôt, laissant juste le "flow pack" pour assurer la conservation. Soit 80 % de plastique en moins. Moins émettrice de CO2, la solution est cinq?fois plus coûteuse, selon Jean-Michel?Lerat, le directeur de l’usine vendéenne, et dépourvue de filière de recyclage. L’éco-contribution est donc plus élevée. Grâce à son nouvel outil de production, l’usine "peut tout explorer : aluminium, verre, carton, grès...", assure le directeur.



