Comment Aubert & Duval a fait renaître son site de Pamiers, touché par un incendie en 2021

Sur la zone d’activité Gabrielat 2, à Pamiers, en Ariège, l’atelier de contrôle de surface d’Aubert & Duval qui vient d’être reconstruit devrait produire ses premières pièces d’ici à la fin du mois de juin 2025. Avec 30 millions d’euros investis sur le chantier, la société a misé sur la réinternalisation de ses compétences et le retour à une souveraineté industrielle.

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Le site, qui produisait environ 6000 pièces par an, devrait atteindre avec le nouvel ACS une cible de 13000 pièces par an, d’ici à 2027.

C’est l'un des projets prioritaires pour Aubert & Duval, spécialiste dans la fabrication de pièces matricées à destination de l’aéronautique et de l’énergie, qui est en train de s’achever, sur la zone Gabrielat 2, à Pamiers, en Ariège. Il reconstruit actuellement l’atelier de contrôle de surface (ACS) qui avait été détruit par un incendie en 2021 et qui va constituer un «game changer en termes de reprise en main et rapatriement de l’activité et de la réinternalisation de nos compétences», expose Lionel Guimbard, directeur du site Aubert & Duval à Pamiers.

L’entreprise réceptionne actuellement le bâtiment et la chaîne et devrait produire les premières pièces d’ici la fin du mois de juin 2025. «Nous avons eu la qualification Airbus, le 15 avril 2025, comme prévu, au planning. Et les contrôles du bureau Veritas sont en cours», complète Lionel Guimbard.

Une enveloppe de 30 millions d'euros fournie par le consortium propriétaire

Pour réaliser ce chantier, c’est une enveloppe de 30 millions d’euros qui a été mise sur la table par le consortium composé d’Airbus, Safran et Tikehau Capital, après leur rachat d’Aubert & Duval à Eramet, en 2023. Une enveloppe faisant partie d’un plan d’investissement global de 350 millions d’euros, dont la moitié a été allouée au site de Pamiers.

À la suite de l’incendie qui avait frappé l’ACS en 2021, la société, détentrice d’une filière industrielle complète essentiellement implantée en France - de la conception des matériaux jusqu’aux dernières actions de contrôle final - avait dû sous-traiter certaines étapes stratégiques auprès de partenaires internationaux. «Il a fallu trouver des filières sous-traitantes qualifiées par nos clients et nous-mêmes, et générer du transfert de savoir-faire et la remise en route de flux de livraison», confirme Lionel Guimbard.

Une montée en puissance rapide prévue

La construction du nouveau site, bâti à 4 kilomètres et demi du centre pour éloigner une activité qui reste chimique, a débuté en 2024, après obtention des autorisations nécessaires dans le cadre d’une procédure ICPE (Installation Classée pour la Protection de l’Environnement). La société va donc pouvoir réinternaliser son activité de contrôle final. Ainsi, une montée en puissance rapide du nouveau site est attendue, selon une logique dite de «vertical start-up», et un «système de jalons, via des checklists et un passage en revue des risques», selon Lionel Guimbard, , qui a été accompagné par le cabinet Efeso. Ce stade permet d’atteindre rapidement des objectifs de performance à la fois en cadence et en qualité.

Élargissement du périmètre d’activité

La société va également élargir son champ d’activité : si, auparavant, 90% des pièces qui passaient à l’atelier étaient des pièces de moteur, et 10%, des pièces de structure ; ces dernières seront désormais intégrées à l’activité de l’atelier. Au total, le site, qui produisait environ 6000 pièces par an, devrait atteindre avec le nouvel ACS une cible de 13000 pièces par an, d’ici à 2027. «L’atelier va permettre d’être quasiment en autonomie sur la totalité des productions prévues sur les prochaines années. On va garder en support quelques sous-traitants spécifiques pour avoir un back-up, et garder des compétences externes en termes de sécurisation des activités», expose Lionel Guimbard.

Un marché en progression

Enfin, le premier employeur privé d’Ariège dispose d’un «carnet de commandes fort». «Les marchés des turbines terrestres sont très positifs et en évolution sur les quatre prochaines années, l’aéronautique est plutôt en bonne forme. Nous avons donc des perspectives de progression. Cet équipement va nous aider à respecter nos engagements auprès de nos clients et à sécuriser notre efficacité opérationnelle», conclut-il.

En termes de revenus, Aubert & Duval a réalisé 844 millions d'euros de chiffres d’affaires en 2023, dont 371 millions pour le site de Pamiers, qui vise le demi-milliard d’ici aux trois prochaines années. Au total, Aubert & Duval compte 4200 collaborateurs, et possède huit sites en France. Pamiers est la deuxième usine française la plus importante, avec environ 1200 collaborateurs. Dans le cadre du nouvel ACS et du rapatriement de cette activité en France, une cinquantaine de personnes devraient travailler dans le nouvel atelier d’ici à fin 2026, dont une trentaine en création nette d’emplois.

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