Transition écologique pragmatique pour Assa Abloy, qui fabrique, entre autres, les serrures Vachette. Pas d’investissements massifs, mais des opérations ciblées pour réduire la consommation énergétique de ses quatre sites industriels - à Longué-Jumelles (Maine-et-Loire), à Sainte-Savine (Aube), à Oust-Marest (Somme) et à Romilly-sur-Andelle (Eure). Son objectif global est de réduire de 25% ses émissions carbone, ses déchets, sa consommation d’énergie et d’eau à horizon 2025, par rapport à 2019. Présent dans 70 pays, le groupe spécialisé dans la sécurité de l’accès aux bâtiments (portes, poignées, serrures, clefs, contrôle par puces…) compte 46 000 personnes, pour un chiffre d’affaires de 7,3 millions d’euros.
Des corrections par petites touches
Le site de Longué-Jumelles est le plus gros consommateur d’électricité parmi les quatre usines. Il dispose d’une fonderie, où sont fondus du zamak et de l’aluminium. Du chromage et de l’anodisation, avec des bains chauffés au gaz (environ 50 degrés) y sont aussi réalisés. Le site consomme environ 50% d’électricité et 50% de gaz naturel. « Nous voulons faire évoluer certains fours de maintien des températures en fusion. À terme, il faudrait passer à l’électricité. Nous cherchons les solutions les plus adaptées par rapport à notre budget », explique Valentin Le Bihan, responsable HSE pour le groupe Assa Abloy en France. Pour l’heure, un capot est posé sur le four lorsqu’il est inutilisé.
Dans l’attente de cet éventuel changement, le site évolue par petites touches. L’isolation de la toiture d’un bâtiment de production, réalisée entre 2018 et 2022, nécessite un investissement de 160 000 euros. En 2022, les équipements de chauffage devraient être modifiés, moyennant une somme de 35 000 euros. Autre dossier sur la table, celui de la consommation d’eau, qui sert à la dilution des produits utilisés pour les bains. En 2019, 18 500 m3 d'eau ont été consommés à Longué-Jumelles, sur un total de 26 000 m3 pour l’ensemble des sites, les autres usines n’en ayant qu’un usage sanitaire.
L’auto-production en réflexion
« En France, dans le cadre du plan établi par le groupe, nous sommes concentrés sur l’énergie, avec des équipements de chauffage plus efficients, et sur l’isolation des bâtiments », poursuit Valentin Le Bihan. A Oust-Marest, où les températures sont plus basses que sur les autres sites, un travail sera aussi réalisé sur l’isolation de la toiture (25 000 euros estimés pour 2022). Des déperditions avaient été constatées sur les ouvertures de portes industrielles (utilisées par les engins logistiques), remplacées par des sas (59 000 euros de 2019 à 2021). Même démarche incrémentale à Sainte-Savine, avec l’amélioration des rendements des équipements de chauffage (28 500 euros) et le passage des ateliers de production en éclairage à LED (20 000 euros en 2021).
La filiale française d’Assa Abloy garde aussi un oeil sur la hausse des prix de l’énergie. « Nous sommes sous des contrats d’approvisionnement en France, où nous n’avons pas encore subi de grosses augmentations », indique Valentin Le Bihan. En France, l’entreprise a revu ses contrats pour s’approvisionner, depuis janvier 2021, en électricité « verte », chez Alterna. Le surcoût est chiffré à environ 10 000 euros par an. Le groupe demande à ses entités de réfléchir à l’auto-production, en effectuant des propositions. Parmi les pistes envisagées, un recours au photovoltaïque, les sites étant situés dans des zones urbanisées.



