La situation du fret maritime en mer Rouge demeure incertaine. Dans un communiqué, le groupe CMA CGM a décidé «de re-router certains de ses navires vers le Cap de Bonnes Espérance» en Afrique du Sud, au lieu de transiter par le canal de Suez. Toutefois, «certains navires ont transité par la mer Rouge», d’après le communiqué, et cette décision n’est pas définitive. «Nous envisageons d’augmenter de façon progressive le transit de nos navires par le canal de Suez», a déclaré le groupe.
Menaces d'attaques
Le 9 décembre, les rebelles Houthis du Yémen, qui contrôlent le nord du pays, ont annoncé qu’ils attaqueraient tous les navires israéliens ou qui se rendent dans des ports israéliens, afin de soutenir les Palestiniens de la bande de Gaza. «Si Gaza ne reçoit pas la nourriture et les médicaments dont elle a besoin, tous les bateaux dans la mer Rouge qui se dirigent vers des ports israéliens deviendront des cibles pour nos forces armées», a déclaré un porte-parole Houthi le 9 décembre.
Dans ce contexte, un certain nombre de porte-conteneurs se sont mis à l'ancre en mer Rouge tandis que d'autres ont désactivé leurs systèmes de suivi au cours de leur transit par la principale route commerciale entre l'Asie et l'Europe.
Une coalition internationale
En réaction à ces menaces, une coalition de vingt pays initiée par les Etats-Unis pour mener l’opération «Prosperity Guardian», selon un communiqué du Pentagone. «Les Houthis n’attaquent pas seulement un pays. Ils attaquent la communauté internationale. Ils attaquent le bien-être économique et la prospérité des nations du monde entier», a déclaré Pat Ryder, porte-parole du Pentagone. Cette coalition sera «défensive» et visera à «assurer aux transporteurs marins que la communauté internationale est présente pour leur permettre un passage sécurisé.»
La décision de CMA-CGM de re-router des navires vers le Cap de Bonne Espérance fait suite à une attaque subie par un porte-conteneurs de la société suisse MSC, qui a été revendiquée par les Houthis. L’armateur danois Maersk, dont des navires ont également été attaqués par le mouvement yéménite a fait savoir le 24 décembre qu'il se préparait à reprendre le transit en mer Rouge et dans le golfe d'Aden, citant l'opération lancée par les Etats-Unis. Le groupe allemand Hapag-Lloyd a déclaré le 26 décembre qu'il déciderait le lendemain de reprendre ou non le transport maritime en mer Rouge. «Nous suivons la situation en permanence et nous nous tenons prêts à réévaluer et à ajuster nos plans si nécessaire», a conclu pour sa part CMA CGM.
(Rédigé par Jean Terzian, édité par Bertrand Boucey)


