A l'occasion de Choose France, le groupe néerlandais AzkoNobel a annoncé le 10 juillet engager un investissement de l’ordre de 20 millions d’euros sur deux de ses quatre sites français de production. Ce qui conduira à la création d’une trentaine d’emplois, a-t-il précisé le 12 juillet. 15 millions d’euros seront dévolus à l’usine du groupe à Pamiers, dans l’Ariège, où 25 postes viendront s'ajouter aux 136 actuels. Le reste de l’enveloppe sera consacré à l’usine d’AkzoNobel à Montataire, dans l’Oise, où se trouve le siège de la filiale France, regroupant sur place 500 des 1500 salariés de l’entreprise dans le pays. Pour cet investissement de 5 millions d’euros dans l’Oise, le « choix aurait pu être l’Allemagne ou la Belgique, mais l’équipe française l’a mérité », souligne auprès de l’Usine Nouvelle Thierry Vanlancker. Le PDG d’AkzoNobel met aussi en avant la dynamique actuelle du marché en France et le bon fonctionnement des activités sur le territoire.
A Pamiers, un renforcement des capacités pour les peintures aéronautiques
Le site ariégeois avait été acquis fin 2019 dans le cadre de la reprise de l’entreprise Mapaero, spécialiste des peintures et revêtements aéronautiques pour espaces intérieurs, comme les cabines d’avions. « L’objectif du projet est d’agrandir le site actuel pour accroître de 50% sa capacité de production, réduire notre impact environnemental et améliorer les conditions de travail de nos collaborateurs et la sécurité de nos procédés en changeant le flux des matières premières dans l’usine », décrit Thierry Vanlancker. Lequel se réjouit de l’intégration de l’usine dans le réseau d’AkzoNobel grâce à des « produits très intéressants et complémentaires », le groupe étant surtout un géant mondial des revêtements aéronautique extérieurs. En termes de calendrier, les extensions et modifications seraient « opérationnelles dans les 24 mois », indique encore le PDG du groupe.
Relocalisation d'une production américaine
Concrètement, AkzoNobel prévoit deux extensions: l'une de 2252 m2, pour muscler les capacités de stockage, et l'autre de 895 m2 pour l’activité de nettoyage et de tri des déchets. Le groupe précise dans un communiqué que le « projet permettra aussi de relocaliser sur le site de Pamiers la production de peintures polyuréthanes extérieures d’avions largement utilisées en Europe et actuellement fabriquées aux États-Unis dans son usine de Waukegan ». En janvier 2020, juste avant la pandémie de Covid-19, un plan d’investissement de 5 à 7 millions d’euros pour rehausser les capacités de l’usine à Pamiers avait été annoncé, mais ajourné. Il se fond dans le projet actuel, de plus grande envergure. Thierry Vanlancker évoque d’ailleurs la « chute du marché » pour les peintures aéronautiques entre 2020 et 2021 « avec le Covid-19, car personne ne voyageait et qu’il y avait moins de maintenance » sur les flottes d’appareils. Mais il estime désormais que « l’activité se porte bien, le marché a repris fortement ».
Montataire, une usine de plus en plus européenne pour les peintures décoratives
Le projet dans l’usine de Montataire, spécialisée dans les peintures décoratives pour les particuliers et les professionnels du bâtiment, porte sur une optimisation du flux de produits avec des extensions et des modifications des lignes de production. Frédéric Guetin, le président d’AkzoNobel France, indique que « le projet est en pleine étude budgétaire » et qu’il sera finalisé « au troisième ou au quatrième trimestre 2023 ». Chez AkzoNobel, cette usine est qualifiée de "clé" dans le dispositif industriel du groupe pour les peintures décoratives en Europe de l’Ouest. Il y a un peu plus de dix ans, le groupe était plutôt concentré sur un modèle d’usines fabricant pour ses marchés régionaux, avec un raisonnement par pays. AkzoNobel a depuis reconsidéré ce modèle et déploie certains sites, comme celui de Montataire, vers des portées géographiques plus larges. Aujourd’hui, l’usine « fabrique à 50% pour le marché français et à 50% pour les autres pays européens », souligne Frédéric Guetin. Notamment pour les marchés limitrophes comme l’Allemagne ou la Belgique.
Des pots de peinture carrés ou ronds selon les marchés
Ce modèle un peu moins local nécessite des ajustements selon les marchés et les habitudes de leurs consommateurs. « En Europe, pour les peintures décoratives, dans certains marchés il faut des pots carrés et dans d’autres des pots ronds », illustre Thierry Vanlancker. L’objectif du projet est donc de déployer plus de flexibilité sur les lignes de production et de diversifier encore un peu plus les gammes. Par ailleurs, l’usine de Montataire est en pleine évolution. Située dans une zone de plus en plus urbanisée, elle s’est tournée vers des formulations de produits plus éco-responsables en implantant de nouvelles technologies, réduisant ainsi les risques inhérents à ses activités. En septembre, le site ne devrait ainsi plus être classé Seveso. Ce changement de statut, assez rare en France, « rend très fières » les équipes et le groupe, assure Frédéric Guetin.



