Chitosane : Alpha Chitin lève 4,25 M€

Grâce à une levée de fonds auprès du Fonds régional NACO et d’investisseurs privés, Alpha Chitin va poursuivre son développement. Les 4,25 M€ récoltés permettront à la start-up de monter en échelle pour atteindre les 400 tonnes de chitosane par an.

Réservé aux abonnés
Mouche soldat noire
Alpha Chitin produit du chitosane à partir de larves de mouche soldat noire.

Pour poursuivre sa montée en échelle, Alpha Chitin vient d’annoncer une levée de 4,25 millions d’euros, auprès du Fonds régional Nouvelle-Aquitaine co-investissement (NACO) et d’investisseurs privés. Cette start-up française, créée en 2014, et aujourd’hui composée de 26 personnes, a produit, début 2024, ses premiers lots de production de chitosane d’origine animale. Dans le détail, ce dernier est produit à partir de chitine extraite de larves de mouches soldats noires que la jeune pousse élève elle-même, au sein de son usine située sur la plateforme de Lacq, en Pyrénées-Atlantiques.

Et la start-up compte sur ce nouveau financement pour finaliser la formulation d‘un biopesticide à base de chitosane, avec du cuivre et de soufre, ou uniquement du soufre, à destination de l’agriculture, pour remplacer l’utilisation de produits chimiques. « C’est un produit assez génial, avec lequel on procède à des essais plein champ depuis un an et demi. Le but, c’est de formuler un éliciteur de croissance – donc aider la plante à se développer – et un fongicide/bactéricide qui soit compatible avec l’agriculture biologique », explique Jérôme Delay, le p-dg d’Alpha Chitin. Les résultats sont prometteurs : plus de 99 % du mildiou, un gros champignon qui dévaste les vignes, se trouvent éradiqués, avec un coût de traitement à l’hectare quasiment équivalent à celui des traitements d’agrochimie.

Ce tour de table – le troisième – fait suite aux 14 M€ déjà levés par Alpha Chitin, qui lui avaient permis de construire son usine, dont la capacité de production annuelle avoisine pour l’instant les 200 tonnes de chitosane. Ce à quoi la start-up ne compte pas s’arrêter, puisqu’elle prévoit déjà une extension de capacité sur l’année 2025. Ce projet, baptisé « Cheerios » et chiffré à 13 M€, devrait lui permettre d’atteindre les 400 t/an. Mais pour l’instant, la priorité est à la diversification progressive de la bioressource à l’origine de la chitine.

Une extension d'envergure en prévision

En plus des larves, Alpha Chitin prévoit la production de chitosane à partir de champignon – d’origine végétal, donc – à partir d’avril 2024, pour cibler des applications pharmaceutiques, médicales et cosmétiques, friandes d’une origine naturelle 100 % garantie, surtout en Europe. Puis, une production à partir de krill, un crustacé issu de la pêche durable en Norvège, en mai prochain.

Pour l’heure, la chitine est à 90 % produite en Asie, à partir de carapaces de crevettes d’élevage qui subissent des traitements médicamenteux et côtoient des métaux lourds. « On est la seule usine de taille industrielle de production de chitosane en Europe », confirme le p-dg. Et d’ici à 2028, la start-up ambitionne un projet de bien plus grande envergure : celui de mobiliser 145 M€ pour monter à 2 500-3 000 t/an sa production de chitosane.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.