Chez Vuitton, on valorise le travail des mains expertes des maroquinières. Le malletier vend du luxe, mais il met en avant son histoire, celle d’un artisan de Besançon monté à Paris pour devenir maroquinier. Ce passé prestigieux s’immisce dans le vocabulaire professionnel. Ainsi, Valérie Dubois n’est pas directrice des opérations de la filiale maroquinerie de LVMH, encore moins directrice industrielle.
« Mon titre, c’est plutôt directrice des fabrications », nuance cette Nantaise de 50 ans, qui dirige les 18 ateliers répartis dans 9 sites en France, dont les deux de Vendôme (Loir-et-Cher) qu’elle a fait visiter, fin février, à Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, et à Bernard Arnault, le PDG de LVMH.
Cette diplômée de SupAgro Toulouse a passé l’essentiel de son début de carrière dans le groupe agroalimentaire angevin Brioche Pasquier, où elle a dirigé une usine, puis la branche pâtisserie. « Le travail en pâtisserie est aussi extrêmement minutieux, le montage doit être rigoureux et le tout doit être joli. Il y a une analogie », assure-t-elle.
En pleine croissance, Vuitton a débauché en 2012 Valérie Dubois pour lui confier le nouvel atelier des Essarts (Vendée), avant qu’elle ne prenne la direction de l’ensemble en 2018. « Mon travail consiste à insérer du lean management dans un process de fabrication qui reste très artisanal », résume-t-elle. Aucune chute de cuir ou de fil ne traîne au sol, les ateliers vendômois sont parfaitement rangés. Les fabrications sont réparties en îlots, les machines sont neuves. « Vuitton remporte des succès commerciaux à l’international, 30 % de nos collections changent tous les trimestres », explique Valérie Dubois, qui s’apprête à mettre en service deux nouveaux ateliers dans la Drôme et en Anjou d’ici à la fin de l’année.

Vous lisez un article du magazine 3705 d'avril 2022



