Chaux de Saint-Astier reconstruit une usine pour réduire son empreinte carbone

L'entreprise Chaux de Saint-Astier (Dordogne) a posé le 25 juin la première pierre d’une nouvelle usine destinée à remplacer deux fours presque centenaires, pour produire davantage de chaux et de matériaux biosourcés.

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Chaux de Saint-Astier première pierre nouvelle usine
Chaux de Saint-Astier lance un projet ambitieux pour décarboner sa production.

Chaux de Saint-Astier, dernier producteur indépendant de chaux hydrauliques naturelles, a officiellement annoncé, mercredi 25 juin, la construction d'une nouvelle unité de production, juste à côté du siège historique du groupe, à Saint-Astier (Dordogne). Une première pierre a symboliquement été posée.

L'usine sera implantée sur une surface de 5 hectares. Elle comptera un nouveau four, en remplacement des deux fours bientôt centenaires de l’entreprise, dont un seul demeure en activité. L’investissement consenti par la PME s’élève à 40 millions d’euros, soit l’équivalent de son chiffre d’affaires annuel, dont 5 millions en fonds propres. «C’est un projet de longue date, qui se concrétise aujourd’hui parce que la gouvernance de l’entreprise est plus simple, plus lisible», explique Matthieu Tanguy, directeur général de l’entreprise. «Avec les enjeux environnementaux et notre engagement RSE, la modernisation de nos outils était devenue nécessaire. Il fallait notamment substituer le charbon. Il n’y a jamais de moment idéal pour investir, c’est une question de projection. Il faut penser à 50 ou 60 ans, pas à l’année prochaine. C’est maintenant que ça se joue.»

Le charbon sera remplacé par du gaz naturel d’ici à 2028 puis du biogaz à partir de 2030. Chaux de Saint-Astier assure avoir mis au point une technologie de calcination lui permettant un gain de 10% de consommation d’énergie et une réduction de 25% de ses émissions de CO2 d’ici à 2030. 

Plus d’écomatériaux

Les nouvelles infrastructures vont permettre aux Chaux de Saint-Astier de produire davantage, mais aussi d’accélérer leurs efforts en faveur de produits les plus respectueux de l’environnement possibles, à l’image de produits à base de chaux hydraulique naturelle associée à des solutions biosourcées destinées aux bétons de chanvre. «Avec cet outil, on gagne en fiabilité, en performance, sans viser une croissance folle. Le marché de la rénovation reste stable. Nous pourrons produire environ 30% de plus qu’actuellement, mais l’objectif est de durer, pas de faire du volume pour du volume. En misant notamment sur les écomatériaux, sur lesquels nous travaillons depuis 20 ans. La chaux est un matériau formidable, qui peut s’associer au lin, au chanvre, à la terre crue. Même quand le marché n’était pas prêt, on a continué à innover. Ce n’est encore qu’un petit segment, mais la prise de conscience est là, surtout depuis la période Covid. Il y a une vraie attente sur la durabilité, le confort d’été, la performance environnementale», estime Matthieu Tanguy.

Les travaux de construction de l’usine débuteront fin 2025 ou dans les premières semaines de 2026, pour une mise en service qui est prévue pour 2028. L’exploitation sera continue, et 5 à 10 postes vont être créés, alors que l’entreprise emploie aujourd’hui 145 salariés. Une fois dépolluée, l’ancienne usine sera dévolue au tourisme, et pourra donc témoigner de l’activité d’un site vieux de plus d’un siècle.  

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