Ce que pense le français 3DS Outscale des solutions extra européennes de cloud de confiance

3DS Outscale, la filiale cloud de Dassault Systèmes, n’exclut pas un partenariat sous licence avec un grand cloud américain à l’instar de celui noué par OVHcloud avec Google. Mais l’acteur, qui prétend incarner au mieux le cloud de confiance tel qu’il est défini par le gouvernement, appelle à la prudence quant à la mise en œuvre de ces solutions.

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Datacenter
Datacenter de 3DS Outscale, la filiale cloud de Dassault Systèmes.

« Le cloud de confiance, ça existe déjà depuis dix ans ». A l’occasion de la septième édition de son évènement annuel, organisé cette année en virtuel mardi 1er juin, 3DS Outscale, la filiale cloud d’infrastructure de Dassault Systèmes, rappelle qu’il est l’acteur incarnant le mieux le cloud de confiance, tel qu’il vient d’être défini par le gouvernement.

" Nous accueillons avec satisfaction la création par le gouvernement du label Cloud de Confiance, confie à L’Usine Nouvelle David Chassan, directeur de la stratégie de 3DS Outscale. Depuis 2019, nous répondons à tous les critères. Nous sommes une société de droit et à capitaux français. Nous garantissons la localisation des données en France. Et depuis 2019, nous disposons de la qualification SecNumCloud de l’Anssi pour notre région à trois datacenters autour de Paris dédiée au secteur public. Nous sommes prêts à compléter notre dossier en vue de l’obtention du label Cloud de Confiance. "

Un modèle qui pose plein de questions

Le gouvernement a décidé d’ouvrir le label Cloud de Confiance aux solutions extra européennes comme celles des géants américains Amazon, Microsoft ou Google, qui dominent le marché, mais à condition qu’elles soient opérées sous licence par des acteurs français sur l’exemple des partenariats noué par Orange avec Huawei et plus récemment par OVHcloud avec Google. Une annonce qui a conduit Capgemini et Orange à envisager la création d’une coentreprise au nom Bleu pour opérer et commercialiser les services cloud de Microsoft.

3DS Outscale se montre pour le moins prudent vis-à-vis de ce développement. " D’une manière pragmatique et sans céder à des pressions commerciales, il faut rester vigilant sur la mise en œuvre et le quotidien de ces solutions extra européennes opérées sous licence, conseille David Chassan. Comment se déroulent les mises à jour, la maintenance et la facturation de l’usage de ces logiciels ? Que se passe-t-il le jour où il y a un incident? L’opérateur sera-t-il autonome ou devra-t-il faire venir le propriétaire de la solution ? Ce modèle pose plein de questions. L’intention du gouvernement est intéressante. Il faut voit comment cela va s’exécuter. "

Avec ce dispositif, le gouvernement veut laisser les entreprises, pour des questions de compétitivité, utiliser en toute confiance les services cloud les plus avancés du marché, actuellement l’apanage des géants américains, en attendant que les acteurs français et européens se mettent au niveau. " Je comprends le propos du gouvernement mais pas la finalité, nuance David Chassan. On peut trouver en France et en Europe un catalogue de 600 services cloud différents en agrégeant les offres de plusieurs acteurs. C’est l’objet de travail du consortium Gaia-X, formé pour une moitié par des offreurs de cloud et pour l’autre moitié par des grandes entreprises utilisatrices. C’est un autre modèle de cloud qui offre plus d’agilité que la réponse unique et dogmatique des géants mondiaux du cloud. "

Lancement d'une place de marché

3DS Outscale profite de son évènement pour lancer sa « Market Place » où des éditeurs de logiciels partenaires pourront s’appuyer sur une infrastructure certifiée SecNumCloud pour vendre leurs solutions en tant que service à la demande (SaaS pour Software as a service). Cette place de marché démarre avec 17 logiciels, dont l’offre de collaboration Osmose de Jalios retenue par le ministère de l’Intérieur, la plate-forme de réseau social d’entreprise Jamespot et l’application de coffre-fort numérique LockSelf.

Malgré tout, 3DS Outscale n’exclut pas de prendre une licence d’un grand cloud américain. " Il y a tellement de choses à vérifier pour être sûr de respecter à tout moment tous les critères du Cloud de Confiance, affirme David Chassan. Ce n’est pas évident à faire. L’expérience et l’histoire nous imposent la prudence car nous nous engageons avec les clients. "

La région certifiée SecNumCloud va s’étendre d’une nouvelle zone de disponibilité pour disposer de cinq datacenters au lieu de trois aujourd’hui.

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