Etude

Ce que nous apprennent les brevets sur l'innovation dans les plastiques... Et sur les acteurs engagés

La révolution des plastiques se prépare. L’Office européen des brevets en fait la démonstration dans une étude, qui apparaît comme un état des lieux sur la recherche et les technologies prometteuses. Bonne nouvelle : dans le recyclage chimique comme dans les bioplastiques, les acteurs français comptent parmi les leaders.

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Ifpen, Axens et Repsol, annonce Rewind Mix, une solution pour améliorer la matière issue du recyclage chimique par pyrolyse.
Les organismes de recherche français, à l'image de l'IFPEN, se distinguent également.

Que ce soit dans le recyclage ou les bioplastiques, l’Europe et les Etats-Unis jouent un rôle prédominant en matière d’innovation. C’est ce que révèle l’étude « Brevets et plastiques de demain : tendances mondiales en matière d’innovation dans les domaines du recyclage, de l’écoconception et des sources alternatives ». Réalisé par l’Office européen des brevets (OEB), le document dresse l’état des lieux de la recherche sur la période allant de 2010 à 2019.

« Le rapport s’appuie sur l’information brevets disponible la plus récente ainsi que sur l’expertise d’examinateurs de l’Office européen des brevets afin de présenter une analyse complète des tendances en matière d’innovation favorisant la transition vers une économie circulaire des plastiques », est-il précisé. D’une soixantaine de pages, le document montre que les Etats-Unis et l’Europe concentrent, chacun à moitié, près de 60% des brevets relatifs au recyclage et aux bioplastiques. La troisième place est occupée par le Japon avec 18%.

Etude brevets recyclage plastique et bioplastique
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La France plus spécialisée que l’Allemagne

Après l’Allemagne, la France est le deuxième pays du Vieux continent le plus innovant au regard du nombre de familles de brevets internationales (FBI). Les entreprises tricolores en ont déposé 2 664 dans le domaine des bioplastiques et 644 dans celui du recyclage, contre respectivement 4 090 et 1 242 Outre-Rhin. Mais la France se révèle plus spécialisée, selon l’étude.

Prenant en compte l’indice d’avantage technologique révélé (ATR), qui indique le degré de spécialisation d’un pays en termes d’innovation sur une technologie particulière par rapport à sa capacité globale à innover, le rapport présente la France comme un pays particulièrement en pointe sur les deux domaines avec un indice supérieur à 1. Celui de l’Allemagne est inférieur. « Son positionnement reflète surtout la taille de son économie », justifie le rapport à l’égard de l’Allemagne.

A fond sur le recyclage chimique

Les méthodes de recyclage chimique et biologique enregistrent le plus grand nombre de FBI. Le rapport fait état de plus de 9 000 dépôts entre 2010 et 2019. Un niveau deux fois plus élevé que dans le recyclage mécanique. Avec 5 921 FBI, la transformation en matière première concentre le plus de brevets, avant le retour en monomère (2 272).

La France s’illustre dans ce type de recyclage avec l’organisme public de recherche l’IFP Energies Nouvelles (168 FBI) et TotalEnergies (105 FBI) dans un classement dominé par le saoudien Sabic (309 FBI) et l’américain Honeywell (287 FBI).

« L’innovation est en majeure partie entre les mains des grands groupes de l’industrie chimique », considère l’étude. Outre les grandes entreprises, l’étude mentionne la start-up française Carbios pour son rôle d’avant-garde dans le développement de sa technologie de recyclage enzymatique (9 FBI entre 1996 et 2020).

Innovation en matière recyclage étude
Innovation en matière recyclage étude Innovation en matière recyclage étude

Parmi les 10 entreprises les plus innovantes dans le recyclage du plastique en nouveaux produits : Bridgestone (109) et Michelin (104) sont en tête, suivies de Procter & Gamble (91). Le pneumaticien français et son homologue japonais s’illustrent notamment après avoir investi dans les technologies de rechapage des pneus. La France compte aussi dans le classement, le chimiste Arkema, en huitième place, avec 41 FBI.

Santé et bioplastiques

Dans le domaine des bioplastiques, l’étude indique que le secteur de la santé est de loin le plus prolifique (plus de 19 000 FBI entre 2010 et 2019), alors qu’il représente, en Europe, moins de 3% de la demande totale des plastiques. Les secteurs des cosmétiques et détergents consacrent la plus grande part de leur activité inventive aux bioplastiques. « Le rapport entre les FBI relatives aux bioplastiques et celles relatives aux plastiques conventionnels y est de 1:3, contre 1:5 dans le secteur de la santé », précise l’étude.

L’Oréal est particulièrement actif dans ce domaine. Le fleuron français de l’industrie cosmétique est l’entreprise qui innove le plus en France dans les alternatives aux plastiques d’origine fossile. L’entreprise fait également partie des rares acteurs européens à s’illustrer dans plusieurs classements mondiaux (cosmétiques et détergents, emballages) avec plus de 700 brevets.

La recherche française bien classée

Si l’étude met en exergue les efforts de recherche réalisés par les grandes entreprises françaises au niveau mondial, le document fait aussi valoir le rôle des universités et organismes dans cette course à l’innovation. En France, outre l’IFP Energies Nouvelles, qui se distingue au niveau international dans le domaine du recyclage chimique, le CNRS est très impliqué dans le développement des bioplastiques. Avec 246 FBI, le centre de recherche se place au deuxième rang mondial des universités et centre de recherches qui innovent le plus. Et ce, après l’université de Californie (Etats-Unis) et devant le MIT (Etats-Unis).

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