La tension monte avant les Jeux Olympiques et pas seulement chez les sportifs. Le gouvernement tente d’apporter des gages aux transporteurs redoutant la crise de nerfs face aux contraintes d’accès durant les Jeux Olympiques (du 26 juillet au 13 août) et paralympiques (du 21 août au 8 septembre) particulièrement en Ile-de-France. Cette dernière période s’annonce spécialement compliquée pour certains professionnels. «Les épreuves paralympiques se tiendront pendant la rentrée scolaire, saison importante pour nous car nous approvisionnons aussi les établissements scolaire» souligne Pierre Lefevre, responsable des achats indirects au sein groupe Pomona qui fournit des produits alimentaires.
L’évènement sera particulièrement contraignant et inédit car chaque jour, en fonction du calendrier des épreuves sur les sites olympiques, les restrictions ou interdictions ne seront jamais les mêmes avec la création de zones bleues ou rouges. La zone bleue implique une circulation motorisée règlementée. La zone rouge est en accès motorisé interdit (sauf dérogations spéciales). Seuls deux ou trois sites seront rouges en permanence, comme le Stade de France, le village olympique à Saint Denis.
Pour garantir le moins d’accrocs dans leur chaîne logistique, le ministère des Transports proposera bientôt aux transporteurs une solution numérique conçue avec son Agence de l’innovation pour les transports. «En avril, nous testerons sur deux ou trois zones géographiques un logiciel qui recensera à terme toutes les réglementations liées à l’événement, les contraintes et le périmètre site par site. Les transporteurs pourront l’intégrer dans leur logiciel de traçage d’itinéraire» explique Xavier-Yves Valère, chef de la mission logistique à la Direction des infrastructures de transport (DGITM), qui dépend du ministère des Transports. Il s’exprimait le 6 février lors d’une présentation du prochain du Salon international du transport et de la logistique.
Centralisation des informations
Pour accéder aux zones bleues (circulation motorisée réglementée), les transporteurs devront anticiper au maximum leur trafic, expliquent les pouvoirs publics qui viennent d’ouvrir un portail baptisé anticiperlesjeux.gouv.fr. Avoir des chauffeurs accrédités ne suffira pas. «Un professionnel devra déclarer à l’avance son intention d’arriver sur la zone et nous vérifierons. On pourra demander à ceux qui n’ont pas réservé de partir assez vite ou les verbaliser» continue le responsable du ministère des Transports. Réclamé par les professionnels, un QR code rassemblant toutes les informations devrait faciliter la circulation dans les zones.
Concernant le e-commerce, les autorités ont fait machine arrière sur les restrictions. Quelques jours plus tôt, elles avaient demandé aux particuliers d’éviter «dans la mesure du possible» de passer des commandes durant l'été. Un manque à gagner forcément mal vécu.



