Le montant de l’investissement annoncé lors du Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle tenu en février 2025 à Paris paraît faramineux : 4 milliards d’euros. Mais le porteur du projet de datacenter «hyperscale» de 96 MW, l’entreprise suédoise de cloud Evroc précise que le déploiement de jusqu’à 50000 GPUs, en pleine capacité, s’opèrera en plusieurs phases de montée en puissance sur le site qui doit l’héberger à Mougins (Alpes-Maritimes) sur la technopole de Sophia Antipolis.
Elle espère un démarrage avant la fin de l'année 2025, grâce à l’intégration dans un édifice de 8000m² existant, propriété de Valimmo Reim, initialement envisagé pour accueillir un datacenter (projet Titan) qui n’a jamais vu le jour. Des travaux doivent y être réalisés. Evroc louera les locaux pour y installer ses équipements avec un impact environnemental réduit. Cette première «usine d’intelligence artificielle» française doit contribuer à renforcer la souveraineté européenne dans le domaine des données, en respectant, souligne l’entreprise, «les normes de durabilité les plus élevées du secteur», en particulier grâce à des solutions fondées sur «de nouvelles approches en matière de refroidissement, d’allocation des ressources et de réutilisation de la chaleur».
La France en compétition avec l'Espagne
Pour le PDG d’Evroc, Mattias Aström, «la France est une plaque tournante centrale pour la recherche et l’innovation en IA». Dès 2023, soit un an après sa création à Stockholm (Suède), l’entreprise a recherché où elle pouvait positionner une équipe de R&D et c’est Sophia Antipolis qui a été choisie, territoire où se déploient les expertises privées et publiques les plus diverses dans l’IA (Institut 3IA, INRIA, start-up…).
Pour l’heure, le bureau compte dix collaborateurs, mais les recrutements s’accélèrent «avec l’ambition d’atteindre les 50 ingénieurs à court ou moyen terme». «Le dossier avait été initié dans le cadre de notre coopération avec Business France et notre technopole a été rapidement intégrée dans la short-list, explique Philippe Servetti, directeur général de la Fondation Sophia Antipolis. La qualité de l’environnement proposé, avec 2500 sociétés, 40000 salariés sur le parc et une croissance nette d’un millier d’emplois par an, a convaincu Mattias Aström et ses équipes qu’ils pourraient attirer des talents». La Fondation a joué un rôle-clé dans le choix de l'emplacement du datacenter. «Quand ils ont cherché un bâtiment pour leur projet, nous avons proposé l’opportunité d’un édifice existant inoccupé pour gagner du temps. Pour Sophia, ce projet hyper-innovant à vocation internationale va conforter encore son ADN et son écosystème», poursuit Philippe Servetti. Ravie qu’Evroc ait préféré la Côte d’Azur à l’Espagne, option étudiée aussi en 2023, l’agence de développement économique régionale, risingSud, l’accompagne sur l’ingénierie financière de son investissement.
Autres projets en perspective
Evroc a annoncé à Paris «vouloir sécuriser deux sites supplémentaires de plus de 100 MW en France au cours de 2025» en vue d’établir son «cloud hyperscale européen», exempt de «portes dérobées étrangères» et des «risques géopolitiques». Disposant d’un troisième site à Londres, Evroc qui emploie 55 personnes au global actuellement dit vouloir exploiter d’ici 2030 10 centres de données hyperscale employant 10000 personnes à travers l’Europe.



