Un nouveau souffle pour Carmat. Dans un communiqué publié mardi 25 octobre, l'entreprise tricolore a indiqué «avoir obtenu les autorisations réglementaires lui permettant de reprendre les implantations» de son cœur artificiel, baptisé Aeson. La société avait décidé de suspendre les implantations début décembre 2021, après avoir repéré des problèmes de qualité sur deux composants des prothèses, l'un électronique et l'autre mécanique. Deux mois plus tard, son directeur général Stéphane Piat avait assuré que ces incidents ne remettaient pas en cause le design des appareils et avait fixé au mois d'octobre la reprise des implantations, le temps de trouver comment les corriger.
«L’organisme notifié Dekra a approuvé tous les changements effectués par Carmat en réponse aux problèmes qualité [...] Cette approbation permet à Carmat de reprendre les implantations d’Aeson à titre commercial, dans l’Union européenne et dans les autres pays reconnaissant le marquage CE», rapporte l'entreprise. Elle précise vouloir «reprendre prochainement, de manière graduelle, ses ventes en Europe» en fonction de la «reconstitution de ses stocks de prothèses» et qu'elle informera les marchés dès lors qu'elle sera en mesure de redémarrer ses essais cliniques.
Une production en plein essor
Cette nouvelle a été accueillie avec enthousiasme par les investisseurs: l'action Carmat progressait d'environ 6% en Bourse à 10h30. En un an, la valorisation de la société a néanmoins dégringolé de 50%. Sa santé financière n'est en tout cas pas remise en question pour l'instant, notamment grâce à une levée de fonds de 40 millions d'euros bouclée en avril.
Depuis sa première commercialisation en juillet 2021, sept cœurs artificiels Aeson ont été implantés, dont cinq en Allemagne et deux en Italie. En termes de production, Carmat avait aussi réussi à fortement augmenter la cadence sur son site de Bois d’Arcy (Yvelines) en atteignant l’an dernier une vingtaine de cœurs artificiels par mois, contre seulement quelques prothèses sur l'ensemble de l'année 2016.



