France Chimie Nouvelle-Aquitaine a décerné ses Trophées Responsible Care 2025, le 13 juin dernier à Bayonne, en marge de la tenue de son assemblée générale. " Dans un contexte où nous avons à faire à toujours plus d'adversité, ou notre image est parfois écornée, il est important de montrer que nous sommes des industriels responsables, conscients des enjeux de notre société ", a souligné Guillaume Bouquant, président de France Chimie Nouvelle-Aquitaine. Cinq dossiers étaient en compétition pour recevoir trois Trophées.
Rousselot Angoulême qui exploite une usine de fabrication de gélatine et de peptides de collagènes pour l’industrie agroalimentaire et pharmaceutique est le lauréat de la catégorie environnement. Alors que la concentration des bouillons de gélatine représente 30 % des consommations de vapeur du site, l’entreprise est parvenue à remplacer sa technologie de concentration alimentée par une énergie fossile par une technologie de concentration membranaire, fonctionnant à l’électricité. Le bilan est une réduction des émissions de GES de 28 % et de la consommation de vapeur de l’atelier de concentration de 85 %.
La société Ianesco à Poitiers a remporté un trophée dans la catégorie sociétale. L’entreprise est spécialisée dans la réalisation d’analyses pour deux secteurs d’activité : l’environnement et les matériaux en contact alimentaire. Alors qu’elle mettait à la benne, chaque année, sept tonnes de flacons plastiques qui étaient incinérées ou enfouies, l’entreprise a décidé de trier ses flacons en polyéthylène haute densité (PEHD), munis de bouchons en polypropylène. Pour cela, elle a mis en place un partenariat avec un Esat pour que soient ôtées les étiquettes, puis elle a acheté un broyeur pour proposer des broyats de flacons et de bouchons prêts au recyclage. Puis, elle s’est associée à deux sociétés, Ne-Auplast et Plantco, pour la fabrication et la vente de dalles d’engazonnement utilisées dans les parkings et allées pour résister à des charges lourdes. Ceci en alternative au béton. Depuis 2025, 400 m2 de dalles ont été fabriqués. Les bouchons sont quant à eux transformés en containers à déchets.
Enfin, l’usine de Yara à Ambès qui produit de l’acide nitrique et des ammonitrates pour le secteur des engrais a remporté le troisième trophée dans la catégorie Énergie/climat. La particularité de la production d’acide nitrique à partir d’oxydes d’azote (NOx) issus de l’oxydation de l’ammoniac est de produire en parallèle du protoxyde d’azote (N2O) à fort effet de serre (265 fois plus que le CO2) et qui rejeté dans l’atmosphère, via les effluents gazeux de l’usine. Alors que l’usine avait déjà réussi à abattre ce N2O de 95 %, les équipes de Yara ont conçu un nouveau réacteur de production, qui a été construit et installé par la société allemande Balcke Duur. Il a permis de poursuivre cet abattement de 95 à 99 %. Partant de 800 000 teq CO2 émis il y a quelques années, le site émet désormais moins de 10 000 teqCO2.
Le site d’Arkema de Mont, qui présentait un projet de diminution des émissions de COV d’une unité de production de lactame, et la société W Platform, à Bassens, qui proposait une solution innovante de recyclage de gaz frigorifiques, ont été vivement félicités par le jury, présidé cette année par Sylvain Stanowski, responsable QHSE de Revico, ancien participant et lauréat. Il était accompagné de Fabienne Grandchamp, chargée de mission référente filière Chimie et Matériaux pour la Nouvelle Aquitaine, Marina Galicki, chargée de mission Innovation et Santé/Chimie/Matériaux à la DREETS Nouvelle-Aquitaine, Stéphanie Labat, responsable environnement et risques industriels à la Sobegi, et Eric Gouzenes de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne.



