Contrairement à certains de ses voisins européens, la France reste très discrète concernant son aide militaire à l’Ukraine. Toutefois, à l’occasion de la session ordinaire du 3 octobre devant les députés, Sébastien Lecornu, ministre des Armées, a levé en partie le voile sur cette aide. «Premièrement, nous nous efforçons de coller à la demande des Ukrainiens», a indiqué en préambule de son intervention le ministre. Il a même justifié la discrétion que la France s’impose sur le sujet…à la demande même des Ukrainiens. Cela afin de bénéficier d’un effet de surprise sur le terrain face aux forces russes. «C’est de cette façon que nous avons pu constater l’efficacité du système d’artillerie Caesar : l’effet de surprise relatif que nous avons créé est la clé de la réussite sur le champ de bataille».
On peut distinguer trois temps dans les livraisons françaises de matériel militaire aux forces ukrainiennes. Tout d’abord, entre février et avril, une réaction d’urgence. La France a livré des équipements de protection et d’armes individuels ainsi que des systèmes de missiles antichars et antiaériens.
TENIR L'EFFORT DANS LA DURÉE
Ensuite, alors que les combats sont entrés dans une phase plus intense et jusqu’à septembre, les livraisons françaises ont pu mieux s’organiser et elles se sont devenues plus significatives. «Nous avons délivré à l’Ukraine non seulement des pièces d’artillerie – notamment dix-huit canons Caesar assortis de leurs munitions –, mais aussi de nombreux véhicules sous blindage destinés au transport de troupes, tels que les véhicules de l’avant blindés», a précisé le membre du gouvernement.
Depuis septembre, l’aide française vise plutôt à soutenir l’effort de guerre ukrainien dans la durée. « L’accès aux carburants est absolument décisif, y compris pour faire rouler les canons Caesar. Nous avons fixé un calendrier de maintenance et d’approvisionnement en pièces détachées – c’est sans doute moins spectaculaire que de fournir des pièces d’artillerie entières, mais les pièces détachées des canons Caesar ou d’autres matériels nécessitent un entretien et nous répondons présent», a encore précisé le ministre. Cela s’accompagne évidemment de livraisons de munitions en quantités importantes mais qui n’ont pas été précisées.

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Enfin ce soutien s’accompagne également par la formation des artilleurs.
Régénérer les stocks
Ce soutien militaire va se poursuivre. Selon le ministre, le président a déjà passé un certain nombre de commandes supplémentaires auprès des industriels français de l’armement, la BITD, ou base industrielle et technologique de défense, dans le jargon du ministère des Armées. « Par ailleurs, une mobilisation forte de la BITD sera nécessaire, car notre industrie de défense doit être en capacité de régénérer des stocks », a prévenu le ministre.
La France soutiendrait-elle moins l’Ukraine que ses autres voisins européens ? Le ministre s’est opposé à cette affirmation soulignant que l'ensemble de l’aide apportée par la France n’était pas sur la place publique et donc pas comptabilisée correctement par certains classements parus sur Internet ou dans la presse. Par ailleurs, ces contributions sont difficilement comparables en fonction de ce qu’elles agrègent ou non, comme le coût de la formation et du transport.
Sur le plan financier, le ministre a indiqué que la France comptait pour 20% du fonds européen soutenant la facilité européenne pour la paix, soit 450 millions d’euros. Cet outil de l’Union européenne permet l’achat direct d’équipements militaires au profit des forces ukrainiennes.



