Une capacité potentielle de stockage de dioxyde de carbone de plus de 10 millions de tonnes par an, c’est le cap ambitieux fixé par la coentreprise Bonaparte CCS. Encore au stade des travaux de conception technique préliminaire (pre-FEED), la société démarre en avril 2025 l’évaluation des besoins énergétiques de la structure offshore.
Fondée en 2022, la coentreprise détenue par une filiale du pétrochimiste japonais Inpex Corporation (53 %), une branche australienne de TotalEnergies (26 %) et le pétrochimiste australien Woodside Energy, prévoit ses premières injections de CO2 prévues à l’horizon 2030. Situé dans le bassin Bonaparte, à environ 260 kilomètres au large de Darwin (nord de l'Australie), le projet est considéré comme « l'un des plus grands projets commerciaux de captage et de stockage du CO2 au monde » par Inpex Corporation.
TotalEnergies à l’assaut du transport et du stockage du CO2
La décision d’entamer les travaux pre-FEED fait suite à un programme d'évaluation complet qui a permis de confirmer la présence d'un réservoir aquifère salin de haute qualité dans le bassin de Bonaparte, avec des formations d'étanchéité épaisses considérées comme « adaptées au stockage sûr et permanent du dioxyde de carbone ». La coentreprise procède actuellement à une analyse détaillée des données d'évaluation des réservoirs afin d'étayer une demande de déclaration de formation de stockage de gaz à effet de serre (GES) avant d'obtenir une licence d'injection de GES. La société Ichthys, coentreprise australienne dans laquelle TotalEnergies possède aussi 26 % des parts, sera le principal client.
Ces dernières années, TotalEnergies accélère dans la capture et le stockage sous-marin du CO2. La compagnie française multiplie les projets dans le monde entier, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Norvège avec le fameux projet Northern Lights et pourrait aussi capter du CO2 sur sa raffinerie de Donge (Loire-Atlantique) dans le cadre du nouveau projet GOCO2. Sa feuille de route est assumée : atteindre un objectif de 10 millions de tonnes de CO2 résiduel stockés par an en 2030 et 50 à 100 millions de tonnes par an en 2050.



