Les Laboratoires Boiron ont dévoilé jeudi 23 avril leurs résultats commerciaux pour le premier trimestre 2020. Dans un contexte économique difficile, le spécialiste français de l’homéopathie affiche une progression de son chiffre d’affaires. L’entreprise a également fait le point sur son important projet de réorganisation.
Les négociations reportées après le confinement
Alors que ses ventes en France dégringolent, Boiron avait dévoilé en mars un plan de suppression de 646 postes dans l’Hexagone, avec la fermeture d’une usine à Montrichard (Loir-et-Cher) et de douze petits sites. En pleine crise du Covid-19, l’entreprise annonce qu’elle va reporter les négociations avec les syndicats. “La santé de tous, salariés et patients, est notre priorité. Nous avons donc pris la décision, en accord avec les organisations syndicales, de reporter l’ouverture des discussions sur le projet de réorganisation à l’issue du confinement”, justifie Boiron.
Le laboratoire souhaite ainsi se concentrer sur son plan de continuité d’activité. L’entreprise précise qu’elle poursuit la production dans l’ensemble de ses sites. À la demande de la Direction générale de la santé, Boiron a également mobilisé ses usines pour fabriquer du gel hydroalcoolique, notamment à Montrichard (Loir-et-Cher) et à Messimy (Rhône).
Les ventes diminuent toujours en France
Au premier trimestre 2020, Boiron enregistre une progression de son chiffre d’affaires de 9,3 %, à 156,63 millions d’euros. Une performance qui s’explique par des effets statistiques (le premier trimestre 2019 n'était pas bon) et par la hausse des ventes hors France, “dans un contexte de forte pathologie”. En Amérique du Nord, après un premier trimestre 2019 difficile, les ventes augmentent de 70,8 % au premier trimestre 2020 (à 40,3 millions d’euros). De la même manière, les ventes européennes (hors France) progressent de 18,3 % à 37,6 millions d’euros.
En France, principal marché de Boiron, le déremboursement de l’homéopathie joue toujours contre les ventes. Elles diminuent de 12,7 %, à 72,8 millions d’euros. “Nous ne pensons pas que la hausse d’activité du groupe constatée au 1er trimestre se poursuive sur le deuxième trimestre”, note Boiron qui indique poursuivre les actions pour obtenir le maintien de remboursement des produits homéopathiques par la Sécurité sociale.



