C’est une chute historique de production. Boeing a publié mardi 14 janvier des résultats commerciaux qui témoignent de l’ampleur de la crise provoquée par le 737 MAX : l’avionneur américain a livré 380 appareils en 2019, contre 806 en 2018, soit une baisse de 53%. Boeing est, comme cela était attendu, très largement devancé par Airbus, qui a annoncé 863 livraisons d’avions le 10 janvier dernier.
Des chiffres qui s’expliquent par l’immobilisation au sol des 737 MAX dès la mi mars, suite aux deux crashs ayant conduit à la mort de 346 personnes. Au total, Boeing a livré 127 Boeing 737. Avec le calendrier initial des cadences, qui tablait sur 52 appareils début 2019 puis 57 appareils par mois dès juin, l’avionneur américain aurait pu livrer quelque 650 monocouloirs l’an dernier.
Des commandes dans le rouge
C’est la croissance des livraisons du 787 qui permet à Airbus de relever quelque peu le nez, avec 158 livraisons, contre 145 en 2018 et 136 en 2017. Le Boeing 777 cumule 45 livraisons, le 767 affiche 43 livraisons et le 747 un total de 7 livraisons. Le niveau global des livraisons renvoie Boeing plus de dix ans en arrière : il faut remonter à 2008 pour tomber sur un niveau de livraisons inférieur à 400 avions pour Boeing, en l’occurrence 375 cette année-là. Une baisse historique qui aura un impact très significatif sur le chiffre d'affaires du groupe pour 2019, une bonne partie de la facture des avions étant payée au moment de la livraison.

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La crise de confiance générée par le MAX, mais aussi les retards cumulés pour le 777 ont très largement pesé sur le niveau des commandes. Quand Airbus affiche 768 commandes nettes en 2019, Boeing fait état d’un déficit net : les annulations ayant été plus nombreuses que les commandes, l’avionneur affiche un déficit de 87 commandes. Pour rappel, Boeing avait enregistré 893 commandes nettes en 2018 et 912 en 2017.
Un horizon bouché pour le nouveau patron
Un tel déficit de commandes n’était jamais arrivé dans l’histoire du groupe ces trente dernières années, comme le souligne la presse américaine. Du coup, quand Airbus finit l’année avec un carnet de commandes de 7482 avions, Boeing doit se contenter de 5406 restant à livrer (contre 5444 l’année d’avant). Alors que la date de remise en service du 737 MAX n’est toujours pas connue, Airbus pourrait bien devancer Boeing en termes de livraisons plusieurs années durant.
La publication de ces résultats intervient au lendemain de l’entrée en fonction de David Calhoun, en tant que directeur général. Devant lui, la tâche est immense. Il doit s’atteler à assurer la reprise des vols du 737 MAX, puis rétablir les cadences de production de l’appareil suite à l’arrêt qui a démarré le 1er janvier, redonner confiance aux différents acteurs du secteur ainsi qu’aux passagers et assainir une culture d’entreprise qui a fait montre de ses limites.



