Depuis le 1er mai, elle est le bras droit du nouveau directeur général de L'Oréal, Nicolas Hieronimus. Une juste récompense pour celle qui fut la Madame Industrie du numéro un mondial des cosmétiques.
Depuis fin 2014, elle supervisait la conception des produits, le sourcing, la production des 43 usines du groupe dans le monde et la supply chain. Ainsi que la stratégie globale des Technologies de l'Information (IT) et les équipes informatiques au niveau mondial dans le cadre du projet de transformation de L'Oréal "Beauty Tech". Au sein du comité exécutif, « elle s’est très rapidement connectée à l’ensemble de ses pairs, nous avait alors confié un autre cadre dirigeant de L’Oréal. Elle a identifié leurs enjeux, et déterminé comment sa division pouvait s’y adapter… »
Le goût du risque
Diplômée de l’École des hautes études d’ingénieur, Barbara Lavernos a réalisé toute sa carrière au sein du groupe français, qu’elle a intégré en 1991. Le laboratoire, cette ingénieur chimiste n’en voulait pas. Elle démarre comme acheteur d’emballages à l’usine francilienne d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). En 1997, plongée dans « le cœur du réacteur ». Aux côtés des équipes marketing, elle hérite du développement des nouveaux produits des marques grand public et découvre « la machine de guerre L’Oréal : l’analyse des marchés, des besoins, l’orchestration derrière les lancements… » Trois ans plus tard, elle accepte de diriger, à 32 ans, l’usine de Rambouillet (Yvelines), spécialisée dans les soins pour cheveux, et ses 300 salariés. Puis prend la direction des achats. Durant sept ans, elle réorganise et centralise la structure. Son empathie doublée d’une intelligence de la réalité industrielle bluffe ses interlocuteurs extérieurs.
De nouveaux défis
Exigeante, Barbara Lavernos peut aussi se montrer impatiente. Elle veut diriger son propre business. L’Oréal lui confie en 2011 le « travel retail », la vente de cosmétiques en duty free. Un marché en pleine effervescence entre la consolidation des distributeurs et l’explosion du nombre de voyageurs en provenance des pays émergents.
Sa fine connaissance de l’industrie et des achats seront précieuses à Nicolas Hieronimus. Ex-patron des « divisions sélectives » de L’Oréal, il avait été intronisé en 2017 dauphin de Jean-Paul Agon (qui va garder la présidence de L’Oréal) en devenant directeur général adjoint, en charge des quatre divisions du groupe : produits grand public, luxe, cosmétique active et produits professionnels. Devra-t-il se méfier du potentiel de Barbara Lavernos ? « Si Barbara vivait outre-Atlantique, elle serait probablement déjà CEO d’un groupe du Fortune 500. Elle est de ce calibre », estimait en 2016 Luc Volatier, son homologue au sein du groupe agroalimentaire Jacobs Douwe Egberts. Quoi qu’il en soit, le trio devra affronter nombre d’enjeux : s’inscrire dans la révolution du numérique qui bouleverse le monde de la beauté, rendre ses produits encore plus personnalisés, mais également réduire leur impact sur l’environnement.



