Après avoir investi 180 millions d’euros en France ces sept dernières années, B.Braun lance un nouveau plan d’investissement de 15 millions d’euros sur le territoire. Ce plan se décline en trois volets, dont deux industriels. Spécialiste des dispositifs médicaux, le groupe allemand va construire une ligne de production inédite en Europe d’aiguilles micro-chirurgicales à Sarlat-la-Caneda (Dordogne), et ajoutera une ligne de production de perfuseurs sur son site de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir).
Une quinzaine d’emplois pourraient potentiellement être créés. Enfin, B.Braun renforcera sa capacité de lits dans ses 18 centres de dialyse en France, créant au passage environ 20 nouveaux postes d’infirmiers.
Aucune production d'aiguilles micro-chirurgicales en Europe
Le projet en Dordogne est particulièrement emblématique. S’il s’agit d’un "marché de niche", il n’y a "aucune production de ce type aujourd’hui en Europe, seulement aux Etats-Unis et en Asie, au Japon notamment", souligne Joaquin Valls, directeur du site Suturex & Renodex, fondé en 1953 à Sarlat-la-Caneda et filiale de B.Braun depuis 2010. L’usine, qui recense 170 collaborateurs pour un chiffre d’affaires annuel d’environ 20 millions d’euros dont 95% à l’export, est spécialisée dans les aiguilles chirurgicales atraumatiques. Plus de 10 000 références sont produites sur ses lignes, pour toutes les disciplines chirurgicales et de toutes tailles, allant d’aiguilles de quelques millimètres de longueur pour quelques microns de diamètre à de grosses aiguilles de 7 centimètres de longueur pour des diamètres allant jusqu’à 1,5 millimètre.
Forage laser
Mais dans ces gammes d’aiguilles, qui sont ensuite serties sur des fils de suture en chirurgie, l’usine ne produit pas encore des aiguilles micro-chirurgicales, utilisées notamment en chirurgie cardio-vasculaire, dotée de diamètre en-dessous de 200 microns (en-dessous de 0,2 mm). Soit si petites qu’il devient quasiment impossible de les "forer mécaniquement. Cela nécessite un forage laser sur le côté de l’aiguille", précise Joaquin Valls. La nouvelle ligne de production, qui devrait entrer en service d’ici 2023 et permettre de créer de 3 à 5 emplois sur le site, sera ainsi équipée d’une machine laser spécifique. Le projet, qui devrait nécessiter un investissement de l’ordre de 2 millions d’euros, a obtenu une subvention de 700 000 euros dans le cadre du plan France Relance.
Nouvelle ligne de perfuseurs à Nogent-le-Rotrou
Le projet est sensiblement différent à Nogent-le-Rotrou. B.Braun ajoutera, d’ici mi ou fin 2022, une ligne supplémentaire de perfuseurs, qui permettent de relier les poches de perfusion au bras des patients. Au total, des capacités de 11 millions d'unités par an seront ajoutées sur ce site qui dispose déjà de capacités de 72,5 millions de perfuseurs et d’accessoires de perfusion par an. Ce projet pourrait entraîner la création "d’un potentiel de 10 emplois", selon Cécile Gillet-Giraud : directrice des affaires publiques et de la communication de B.Braun France.
Avec environ 600 salariés, l’usine de Nogent-le-Rotrou est, en France, la plus grande du groupe qui dénombre 2 100 salariés dans le pays au total, pour un chiffre d’affaires de 427 millions d’euros en 2020. Sur ce site qui fabrique des produits de perfusion et également des produits d’incontinence et d’urologie (poches et sondes urinaires notamment), 66 millions d’euros ont déjà été investis en cinq ans pour renforcer les capacités, et 90 emplois créés entre 2018 et 2020.
180 millions d'euros engagés en France depuis 2015
Au total, B.Braun a engagé 180 millions d’euros d’investissement en France depuis 2015, à "95% dans le tissu industriel, pour renforcer les capacités et la compétitivité des sites qui produisent à 85% pour l’export", note Cécile Gillet-Giraud. En plus des usines de Sarlat-la-Caneda et de Nogent-le-Rotrou, les investissements ont aussi concerné les sites du groupe à Chasseneuil (Vienne, filtres à veine cave et chambres implantables), Chaumont (Haute-Marne, prothèses de genou et instrumentation de pose), et Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques, poches de recueil pour l’entérostomie, le drainage postopératoire et l’urostomie).



