Le partenariat entre le groupe Avril et le néerlandais Royal DSM va se concrétiser à Dieppe en 2022. Le groupe français, spécialiste de l'huile, vient en effet d'annoncer un investissement de 45 millions d'euros pour développer la première unité de production de préparation et pressage de graines de colza. Pour cela, les deux entreprises vont créer une société dédiée : Prolein.
"L'idée est née en 2016 lors du programme d'investissement d'avenir dans lequel nous avions proposé de travailler la protéine de colza pour l'alimentation humaine", se souvient Paul-Joel Derian, président de Prolein. "Nous recherchions une façon d'isoler la protéine de colza pour l'utiliser dans l'alimentation humaine. Il se trouve qu'à cette époque, Royal DSM était un peu plus avancé que nous dans la recherche de cette nouvelle technologie, c'est pourquoi nous avons fait le choix du partenariat", ajoute le responsable.
Substitut à la viande végétale
La technique choisie, dont les détails ne sont pas communiqués, permet de triturer la graine pour en extraire l'huile tout en préservant la protéine. L'objectif ? Obtenir des "gâteaux" de protéines comportant de la protéine, des fibres végéales, des composants minoritaires. Ces "gâteaux" seront ensuite vendus à Oléatein, une société dans laquelle Prolein a pris une participation. "Oléatein aura à charge d'extraire la protéine du gâteau via un procédé d'extraction à l'eau", précise Paul Joel Derian.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Le produit obtenu a pour vocation d'être utilisé dans les substituts à la viande végétale, dans les pâtes à tartiner, les substituts au fromage ou encore les barres protéinées. C'est Royal DSM qui sera en charge de la commercialisation des produits finis sous sa marque Canolapro.
Soutien de Bpifrance
Le site sera construit sur l'ancienne usine Saipol dont l'incendie en février 2018 avait causé la mort de deux techniciens. Deux lignes de production y seront aménagées, "l'une pour l'alimentation humaine, l'autre pour l'alimentation animale", détaille Paul Joel Derian. Au total, une cinquante d'emplois directs sont attendus. Le groupe ne souhaite pour l'instant pas communiquer sur la capacité maximum de production du site, "mais cela se chiffre en milliers de tonnes", concède toutefois le dirigeant de la nouvelle société.
Le projet a reçu le soutien de Bpifrance via le fonds SPI. "Ce fonds a vocation à soutenir l'industrialisation de nouvelles technologies et de faire le pont entre la recherche et le capital développement" avance Fabien Brenneval, directeur d'investissement de la banque. Il s'agit du second projet d'Avril financé par la banque publique d'investissement. Bpifrance n'a pas souhaité détailler le montant injecté dans Prolein mais souligne qu'il s'agit d'un investissement minoritaire.



