Malgré un chiffre d'affaire stable à 85,4 milliards d'euros en 2019, la Coopération agricole (le nouveau nom de Coop de France), qui représente près de 40% de l'agroalimentaire français, est inquiète.
En cause ? Les difficultés à recruter rencontrées par les 2 300 coopératives françaises. Selon les chiffres communiqués ce 15 janvier par la Coopérative agricole, plus de 21 000 emplois seraient restés sans embauche dans les filières agroalimentaire en 2019. "Un facteur qui pourrait devenir limitant pour la croissance du secteur" estime Dominique Chargé, président de la Coopérative agricole.
Inadéquation entre offre et demande
En 2018, les coopératives ont embauché 12 347 personnes, un chiffre en augmentation de 2,6 % par rapport à l'année précédente. Plus de la moitié de ces recrutements concernent des métiers de production/conditionnement, 17 % sont en lien avec l’achat, la commercialisation et la vente et 16 % des embauches ont été réalisées pour les métiers de la maintenance et de l’installation.

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Février 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
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Février 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
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Février 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Pour Dominique Chargé, les difficultés à recruter viennent avant tout de l'inadéquation entre les profils des demandes d'emplois et les besoins des entreprises agricoles.
Valoriser l'image des coopératives
Pour y remédier, la Coopérative agricole a fait de ce sujet l'une de ses priorités 2020. La fédération entend ainsi mener des actions de communication pour mieux faire connaître ses métiers et développer les parcours d'apprentissage. "Le but est de fluidifier les recrutements et former les jeunes aux vrais besoins des coopératives et des agriculteurs", explique Dominique Chargé.
Pour redynamiser son image, la coopérative agricole s'est également dotée d'une nouvelle entité visuelle qu'elle veut "plus moderne, ouverte et inclusive."
Avec plus de 76% de ses sièges sociaux situés en zone rurale, la Coopérative Agricole entend aussi s'appuyer sur les collectivités locales pour "pour augmenter l'attractivité" des territoires ruraux.
Accompagner la transition agroécologique
Au défi du recrutement s'ajoutent les nouvelles attentes des consommateurs qui, à l'image de ce qui se passe dans les grands groupes de l'agroalimentaire, bousculent les coopératives. En tête de liste : les préoccupations environnementales. Dominique Chargé a tenu à rappeler que les coopératives étaient déjà très actives sur ce front. "En 2019, près des trois quarts des céréales bio produites en France ont été collectées par des coopératives".
Autre exemple cité par la fédération : les vignerons coopérateurs qui se sont fixé l'objectif de 100 % des coopératives engagées en HVE (Haute valeur environnementale) ou bio dans les cinq ans, avec au moins 50 % de ces coopératives certifiées dans le même temps.
Pour généraliser ses initiatives, la coopérative agricole a fait de la transition économique et agro-écologique l'un de ses axes de développement prioritaires pour 2020. "Nous devons passer d’une économie en flux poussé, où le rôle des coopératives était de chercher des débouchés, à une mise en adéquation de la production agricole avec les attentes des marchés, attentes qui sont quantitatives, mais aussi qualitatives, avec de la planification", estime Dominique Chargé qui confirme la volonté de la Coopérative agricole d’accompagner ses adhérentes dans cette mutation.



